Mali: Culture et patriotisme au programme de la «Journée de la souveraineté retrouvée» 2025

Le pays célèbre ce 14 janvier 2025 pour la troisième année consécutive sa « Journée de la souveraineté retrouvée », créée par les autorités de transition en commémoration des manifestations massives de 2022, contre les sanctions alors imposées par l'organisation régionale Cédéao.

Ces sanctions économiques avaient été décidées après la prolongation de la transition par les militaires putschistes, qui avaient repoussé les élections pourtant promises. Mais ces sanctions avaient très durement perturbé l'économie du pays et la vie des Maliens. Cette année, la Journée a pour thème, « la culture, facteur de renforcement de l'unité nationale et de l'esprit patriotique ».

Dans toutes les écoles, d'après la note préparée par le ministère de l'Éducation du Mali à destination des enseignants et consultée par RFI, les jeunes Maliens travailleront sur leur patrimoine culturel : les arts - peinture, musique, littérature, cinéma - mais également les traditions, le folklore, l'artisanat ou encore les langues, pour qu'ils s'approprient ces liens communs et les envisagent à la fois comme leur identité collective et un outil de rassemblement, d'unité nationale.

« Vision pleinement révolutionnaire »

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Un objectif civique assorti d'une injonction à l'« esprit patriotique » et précisé par des « éléments de contexte » éminemment politiques, reprenant les éléments de langage devenus les slogans de la transition : la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) est désignée comme « des valets locaux au service de la prédation internationale » , imposant des « sanctions illégales, illégitimes et inhumaines » pour « freiner » la marche vers la « souveraineté » du Mali, « au prétexte de la défense de la démocratie et des droits de l'homme ».

Le rôle du chef, le président et général Assimi Goïta, est magnifié et la création de l'AES (Alliance des États du Sahel) citée comme « expression concrète » d'une « vision pleinement révolutionnaire ».

Les enseignants sont également priés de rappeler aux élèves les trois principes présentés comme « commandant l'action publique » : « le respect de la souveraineté du Mali », celui de « ses choix et partenariats stratégiques » et « la prise en compte des intérêts vitaux de son peuple ».

« Embrigadement politique »

« Il y a des aspects constructifs, reconnaît un universitaire malien, mais ce que je déplore, ce sont les contre-vérités qui meublent le contexte ». Cet universitaire, qui ne cache pas son opposition au régime en place, explique qu'il ne participera pas aux festivités qualifiées de « simulacre ».

« Il existe déjà un programme d'éducation civique », rappelle un autre, qui dénonce un « embrigadement politique, une volonté de pousser les élèves à adhérer à la ligne de la transition. Ce qui me paraît problématique dans ces commémorations, conclut cette source, c'est la politisation à outrance de l'école malienne ».

Dans son discours du 31 décembre 2024, le général Assimi Goïta avait annoncé vouloir placer l'année 2025 sous le signe de la culture.

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