Ile Maurice: Ruptures de stock de médicaments - Une situation persistante

Alors que la nouvelle année commence, plusieurs médicaments sont en rupture de stock dans des pharmacies privées. Les grossistes, censés approvisionner ces produits, ne livrent pas. Ce problème persiste depuis décembre, indique Chetan Dookun, président de la Pharmaceutical Association of Mauritius.

Un grossiste nous explique que ce problème touche tous les acteurs du marché. Indiquant qu'il échappe à leur contrôle, se trouvant probablement à la source. Le manque de matières premières pour la production est en grande partie responsable de cette situation, un problème qui perdure depuis la pandémie de Covid-19.«Lorsque nous passons nos commandes, nous recevons à peine la moitié, voire un quart, des quantités demandées.» Pour limiter les impacts, «en priorité, nous distribuons les médicaments dans toutes les pharmacies afin que chacune puisse servir ses patients. Sans cette répartition, les grandes chaînes risqueraient de tout prendre. S'il en reste et si d'autres pharmacies en font la demande, nous leur en fournissons également.»

De son côté, un pharmacien nous confirme que plusieurs médicaments sont actuellement en rupture de stock. La majorité d'entre eux disposent d'alternatives, mais certains n'en ont pas. «Si un patient est habitué à un médicament de marque spécifique, il refuse souvent de changer de marque. Les pharmaciens doivent continuer à éduquer les patients sur les alternatives pour les médicaments qui en ont.» Il explique que les médicaments originaux proviennent de pays comme l'Angleterre, la France, etc., tandis que les génériques proviennent du Pakistan, de l'Inde, et des génériques de marque d'Allemagne et d'Autriche.

Cela fait plusieurs années que certains médicaments essentiels sont indisponibles en pharmacie. Le pharmacien note néanmoins que la situation est dynamique, avec des médicaments comme Iodex, Piriton, Stemetil, Zantac, entre autres, qui sont tout simplement absents du marché, sans explication claire.

La presse internationale rapporte que si cette question est devenue plus visible pendant et après la pandémie de Covid-19, elle était présente depuis bien plus longtemps. En janvier 2024, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a rapporté avoir enregistré 4 925 signalements de ruptures de stock ou de risques de rupture en 2023, ce qui représente une hausse de 30,9 % par rapport à 2022, et un doublement par rapport à 2021. Parmi les principales causes de ces pénuries, l'ANSM mentionne des difficultés liées à la fabrication des matières premières, des problèmes de qualité des médicaments, une capacité de production insuffisante et la fragmentation des étapes de fabrication.

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