Afrique: TikTok et ses revers - La désinformation, une arme de guerre hybride

22 Janvier 2025

Alors que des Nations puissantes, comme les États-Unis, tentent de contrer l'influence de TikTok en raison des menaces qu’il poserait à leur sécurité nationale, l’Afrique, l’un des continents où cette plateforme de divertissement est particulièrement accessible, n’a toujours pas tiré la sonnette d’alarme.

Entre atteintes aux valeurs fondamentales et prolifération de la désinformation, l’application occupe une place disproportionnée dans l’écosystème numérique africain, souvent au détriment de la véracité de l’information.

Il y a moins de 72 heures, des publications sur TikTok annonçaient la mort de l’artiste-compositrice malienne Oumou Sangaré. Rapidement partagée et alimentée par un flot de commentaires, cette fausse nouvelle a pris l’allure d’un véritable communiqué nécrologique émanant de sources proches de l’artiste.

Très vite, des médias internationaux ont démêlé le vrai du faux, dissipant les doutes sur « le prétendu décès d’Oumou Sangaré ».

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Selon RFI, les images utilisées pour illustrer cette mort présumée proviennent d’une chaîne YouTube allemande, où elles ont été publiées dès le 1ᵉʳ janvier 2025. La légende de la vidéo précise que l’accident aurait eu lieu le soir du Nouvel An à Langenfeld, en Allemagne. Pourtant, le bilan établi par les autorités locales fait état de six blessés, mais aucun décès.

De ce fait, la chanteuse malienne ne pouvait donc pas se trouver dans ce véhicule. Sa présence publique a été confirmée à Bamako le samedi 18 janvier 2025. D’ailleurs, ce jour-là, elle a été décorée de la médaille du mérite des arts et de la culture par les autorités maliennes, rapporte RFI.

Au-delà de cette affaire, de nombreux autres exemples montrent comment TikTok gangrène l’univers de l’information, permettant à des fausses nouvelles ou à des contenus sans source fiable de se propager librement. Cette prolifération d’informations erronées engendre souvent une psychose à grande échelle.

Ce sont des faits qui devraient alerter les autorités africaines sur la nécessité de réguler cette application chinoise, devenue un vecteur par lequel les valeurs fondamentales du socle culturel africain s’érodent progressivement.

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