Congo-Kinshasa: Les discussions dans l'impasse malgré l'intensification des combats dans l'Est

Dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), la situation humanitaire et sécuritaire est préoccupante. L'intensification des affrontements qui opposent l'armée congolaise et ses alliés au M23, soutenu par le Rwanda voisin, n'épargne pas les civils. Selon l'Ocha, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU, environ 178 000 personnes ont fui les combats de ces derniers jours. Une situation qui génère une vivre préoccupation.

« On n'a jamais vécu cette tension », confient plusieurs responsables d'organisations humanitaires évoquant la violence des combats de ces derniers jours en RDC. « Depuis le début de ce conflit, il y avait un seul front actif à la fois », explique un diplomate, qui ajoute que « désormais, les affrontements ont lieu simultanément sur plusieurs secteurs ».

Une montée d'inquiétude de la communauté internationale alors que la reprise du processus de discussions tarde. Si, tout de suite après l'échec du sommet de Luanda mi-décembre, les experts se voulaient rassurants quant aux retour des parties à la table des négociations, depuis début janvier, il y a moins d'optimisme. Le Rwanda exige des pourparlers directs entre le groupe armé et le pouvoir congolais, alors que pour la RDC, c'est une ligne rouge non négociable depuis le début des hostilités.

Kinshasa continue de réclamer des « sanctions ciblées » contre le Rwanda et ses dirigeants. Une idée qui n'est plus tabou, de l'aveu de diplomates occidentaux. Reste à convaincre les pays africains actuellement membres du Conseil de sécurité des Nations unies. Ce sera l'un des enjeux de la délégation congolaise, vraisemblablement emmenée par le président Félix Tshisekedi, au prochain sommet de l'Union africaine, mi-février en Éthiopie.

Les combats se poursuivent autour de Minova Soutenu par le Rwanda, le M23 poursuit son avancée dans l'est de la République démocratique du Congo. Depuis le début de la semaine, les affrontements avec l'armée congolaise ont débordé de la province du Nord-Kivu vers celle du Sud-Kivu. Des affrontements violents ont notamment lieu autour de l'agglomération de Minova qui compte plus de 60 000 habitants.

Le M23 est bien présent dans les localités de Minova et de Bweremana, a notamment déclaré ce mercredi 22 janvier le porte parole de l'armée congolaise, le général Sylvain Ekenge, qui confirme ainsi la percée du groupe armé qu'il évoquait la veille dans un communiqué. Pour autant, cette situation ne signifie pas que ce dernier contrôle Minova. « Les combats sont toujours en cours dans les collines environnantes, jusqu'à Kalungu », ajoute ainsi le général Ekenge. Si l'armée admet une percée des rebelles au Sud-Kivu, elle précise en revanche que sur d'autres fronts un peu plus au nord, notamment à la hauteur de Saké, « l'armée rwandaise et ses pantins du M23 ont pu être contenus et repoussés ».

Les violents combats de ces derniers jours autour de Minova ont par ailleurs une nouvelle fois provoqué d'importants déplacements de populations. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), environ 178 000 personnes ont fui les affrontements. Certains se sont déplacés vers le sud de la province, d'autres ont traversé le lac Kivu pour rejoindre Goma. Cette nouvelle percée du M23 est la dernière d'une série d'avancées réalisées au cours des dernières semaines. Au début du mois de janvier, le groupe armé avait notamment réussi à s'emparer de la localité de Masisi-Centre.

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