À Madagascar, Ambatovy, la première entreprise minière du pays, fait face à de sérieuses difficultés financières. Avec QMM, seconde grosse entreprise extractive, les deux mastodontes rapportent à eux seuls la quasi-totalité des recettes minières du pays. Les déboires financiers d'Ambatovy inquiètent. L'entreprise a communiqué récemment sa stratégie pour se maintenir à flot. Face à cette situation délicate, la Chambre des mines de Madagascar réitère le besoin urgent de relancer le traitement des demandes des permis miniers, en attente de réponse depuis des années.
Depuis 2012, Ambatovy extrait du nickel, dans le centre-est de Madagascar. Mais les temps sont durs. Le géant minier, aujourd'hui sous pavillon japonais et sud-coréen, enchaîne les déboires. Le dernier en date : la rupture de l'un de ses pipelines, en septembre dernier, l'a contraint à nouveau à stopper pendant un mois sa production.
Et la conjoncture mondiale n'arrange rien : un cours du minerai qui peine à remonter, une offre très importante avec l'Indonésie qui inonde le marché, et une demande qui reste faible, notamment parce que des métaux plus abondants et moins chers sont en train de se substituer au nickel.
Rouvrir des permis miniers pour dynamiser le secteur
Face à ces défis majeurs, la Chambre des mines, par la voix de son président, Jean-Luc Marquetoux, fait un nouvel appel du pied à l'État malgache : « Aujourd'hui, les contributions du secteur minier à l'économie nationale sont constituées à plus de 90 % par uniquement deux grandes mines actuellement en opération. Avec de fait, une exposition majeure aux risques éventuels pouvant toucher l'une ou l'autre de ces compagnies. Donc il me semble important, en effet, qu'en soutenant le développement de nouveaux projets, on va de fait diluer ce risque. C'est à mon avis un élément supplémentaire qui va dans le sens de la réouverture des permis miniers et de passer à un secteur minier plus dynamique, plus diversifié au soutien de l'économie nationale. »
Plusieurs industriels miniers attendent un retour de l'État. De son côté, Ambatovy a annoncé optimiser ses processus de production pour maximiser la sécurité de ses opérations et réduire ses coûts. Des économies inévitables pour éviter de mettre la clé sous la porte, comme l'un de ses concurrents, en Nouvelle-Calédonie notamment.