Afin de promouvoir un mode de vie plus équilibré, le gouvernement prévoit d'introduire des mesures de flexitime et d'encourager le télétravail pour les jeunes mamans après leur congé de maternité. Un soutien supplémentaire sera offert à travers un congé parental d'une durée maximale d'un an. Ces annonces suscitent déjà de vives réactions parmi les internautes et les syndicalistes.
Il est évident que la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle repose encore largement sur les mères, qui sont en majorité des salariées. Lors du discours-programme de vendredi, le président de la République, Dharam Gokhool, a annoncé des mesures telles qu'un congé prolongé et une flexibilité accrue au travail. Toutefois, ces propositions suscitent des interrogations. Certains internautes expriment leurs doutes : «Cette mesure est positive, mais ne risque-t-elle pas de favoriser les licenciements ? Ce n'est pas évident de payer une salariée qui travaille de chez elle. Favoriser le télétravail est une bonne idée, mais ce n'est pas applicable à tous les emplois. Comment éviter les abus ?».
D'autres soulèvent des inquiétudes concernant la pérennité des emplois : «Si une salariée prend un congé parental d'un an, l'entreprise pourrait embaucher une autre personne pour la remplacer. Que se passera-t-il au retour de la salariée ? Qui garder et qui licencier, surtout si la remplaçante s'est montrée compétente ?».
Pour le président du Mauritius Labour Congress, Haniff Peerun, les détails de cette mesure restent flous : «Ces propositions figuraient dans le programme électoral, mais à l'époque, il était question d'un congé de maternité prolongé. Aujourd'hui, on parle d'un congé parental d'un an combiné au télétravail. Cependant, les modalités ne sont pas claires : ce congé sera-t-il rémunéré ? Le travail à domicile sera-t-il obligatoire pendant cette période ?» Le syndicaliste plaide pour une concertation avec les partenaires sociaux afin de clarifier ces points.
Un autre enjeu concerne l'impact de ces mesures sur le recrutement des jeunes femmes, notamment dans le secteur privé. «Il n'existe aucune loi imposant l'égalité des genres dans ce secteur. Dans la fonction publique, les femmes sont parfois plus nombreuses que les hommes, sans que cela n'entrave le travail. Mais dans le privé, ces nouvelles mesures pourraient freiner les embauches de femmes. Il faudrait une législation pour garantir leurs droits et prévenir les discriminations», suggère Haniff Peerun.
Ashvin Gudday, négociateur syndical de la Private Sector Employees Union affiliée à la General Workers Federation, estime que ces mesures pourraient avoir un impact positif sur le développement des enfants. «Avec l'émergence des familles nucléaires, les parents, souvent surchargés de travail, laissent leurs enfants à eux-mêmes. Cela a des conséquences négatives sur le tissu familial. Nous constatons une augmentation de la violence dans les écoles et sur les lieux publics.»
Selon lui, permettre aux mères de consacrer une année à leur nouveau-né pourrait renforcer le lien parent-enfant : «Les enfants bénéficieront d'une attention et d'un amour essentiels.» Toutefois, il souligne un manque d'infrastructures pour soutenir ces initiatives : «On encourage les couples à avoir plus d'enfants, mais peu d'entreprises disposent de crèches pour les accueillir.» Une réforme structurelle serait donc nécessaire pour concrétiser ces propositions.
Semaine des 40 heures: Une révolution pour l'équilibre travail-repos
La semaine des 40 heures dans les secteurs non essentiels est accueillie favorablement par Ashvin Gudday. «C'est une revendication de la General Workers Federation. Nous avons mené plusieurs actions en ce sens et avons réussi à l'intégrer au manifeste électoral de l'Alliance du changement.» Cette mesure, soutenue de longue date par le mouvement syndical, s'inscrit dans l'esprit des «trois huit» : huit heures de travail, huit heures de repos et huit heures d'activités récréatives.
«Cela permet de consacrer plus de temps à la famille, de se socialiser et de prendre soin de soi.» Il rappelle que la pression croissante du monde moderne exige de trouver un équilibre : «Dans d'autres pays, certaines personnes travaillent même moins de 40 heures par semaine. Nous devons éviter de finir comme au Japon, où l'excès de travail pousse certains à des actes désespérés.» Il insiste sur la nécessité de replacer l'humain au centre des priorités.
Haniff Peerun partage cet avis : «Certaines entreprises publiques et la fonction publique appliquent déjà cette mesure. Le gouvernement voit donc qu'elle peut être étendue à d'autres secteurs.» Il souligne que le mouvement syndical a toujours milité pour cette avancée dans le monde du travail. «Ce serait un pas en avant significatif.»