Ancien milieu défensif camerounais, André Kana-Biyik était l'un des piliers de l'équipe des Lions indomptables qui avait remporté le trophée de la 16ème édition de la Coupe d'Afrique des Nations, en 1988 au Maroc.
Alors que son pays s'apprête à retourner dans le royaume à la faveur de la 35ème édition de la compétition prévue du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, le double champion d'Afrique (1984 et 1988) le voit capable de rééditer l'exploit, même s'il reconnait une concurrence de taille.
Dans un entretien accordé à CAFOnline, l'aîné des frère Biyik (André Kana-Biyik et François Omam Biyik) revient sur l'ambiance qui avait prévalu au sein de leur équipe lors de cette épopée et partage son regard sur la version actuelle de la Coupe d'Afrique des Nations CAF TotalEnergies.
Le tirage au sort de la CAN CAF TotalEnergies 2025 se déroule ce lundi 27 janvier 2025 à Rabat au Maroc permettant au u Cameroun et aux autres pays qualifiés d'être fixés sur leur sort. Déjà voir les Lions indomptables présents au Maroc, ça vous rappelle forcément beaucoup de souvenirs...
Le fait que le Cameroun soit qualifié pour la CAN au Maroc, me fait remonter beaucoup de souvenirs effectivement (rire). Déjà, je vais dire que c'est une nécessité que le Cameroun soit qualifié à chaque Coupe d'Afrique parce que c'est un pays leader en matière de football en Afrique. Ça réveille aussi beaucoup de frissons et me rappelle une très belle victoire en finale contre le Nigéria, la deuxième coupe pour le pays.
Pouvez-vous nous raconter l'ambiance qui avait suivi ce succès mémorable ?
Je peux vous assurer que l'ambiance entre les joueurs, le staff et le peuple camerounais était énorme, c'était quelque chose d'extraordinaire et un travail bien accompli. A part le fait d'avoir joué en demi-finale contre le pays hôte, le Maroc avec beaucoup de tensions - c'est vrai qu'elles n'étaient pas aussi énormes que cela - tout a été nickel.
Une épopée comme celle-là, en général est faite d'une succession d'anecdotes. Quelles sont les anecdotes autour de ce succès ou de la compétition en général que vous n'oublierez jamais ?
Les anecdotes, il peut y en avoir plein, on peut sortir tout un bouquin par rapport à cela. Je peux vous dire simplement que l'ambiance au sein des Lions étaient vraiment très bonne. On a cheminé pendant la compétition avec beaucoup de confiance. On avait confiance en notre force, à notre « Hemle » comme on dit chez-nous, notre fighting spirit.
L'anecdote principale que je peux ressortir de cette compétition, c'est le coup de tête que j'avais donné à un joueur marocain en demi-finale. Le lendemain quand nous sommes allés au marché - j'étais avec Mbouh Emile- je portais le maillot du Nigéria et quand les marocains nous demandaient si nous étions des camerounais, nous répondions non et leur disions que nous étions plutôt des nigérians (rire). C'était un peu ça l'ambiance.
Le Cameroun a-t-il les chances selon vous, d'aller rééditer l'exploit en terre marocaine ? Quels sont selon vous les favoris de ce tournoi ?
Oui, tout à fait ! Le Cameroun peut bien rééditer l'exploit de 1988 au Maroc. Mais ça ne sera pas du tout facile parce qu'il y a aussi d'autres gros morceaux. Déjà le Maroc, pays organisateur et demi-finaliste d'une Coupe du monde est l'un des grands favoris. Il y a aussi l'Egypte, la Côte d'Ivoire (championne en titre), le Nigéria... ça ne va pas être facile du tout. ... Tous ces pays, comme le Cameroun ont la côte pour remporter cette Coupe d'Afrique.
Vous faisiez partie de l'expédition, en même temps que votre frère cadet, François Omam Biyik. Ça fait quoi d'évoluer dans la même équipe avec son frère et de glaner des succès ensemble ?
Le fait que j'évoluait dans l'équipe des Lions indomptables avec mon petit frère François, n'avait pas trop d'importance par rapport au reste du groupe. C'est vrai, c'est mon frère mais quand il fallait mon secours, j'aidais tout le monde de la même façon. Ça été tout de même un plaisir et je dirais aussi une chance d'évoluer ensemble avec lui, et pareil pour lui. Vraiment, il faut le faire pour le comprendre, c'était un moment magique.
Quel est le regard que vous portez sur la Coupe d'Afrique des Nations aujourd'hui aussi bien sur le plan du jeu que sur l'aspect organisationnel ?
Je dois déjà dire que le regard que je porte sur la Coupe d'Afrique des Nations est un regard périphérique car je ne suis pas à côté. Je trouve seulement que l'argent est venu bousculer complètement le sportif... A vouloir faire en sorte que la Coupe d'Afrique des Nations soit davantage une compétition de haut niveau, on a ajouté beaucoup d'équipes et ce n'est plus comme à notre époque où il n'y avait que huit équipes et se qualifier pour la compétition n'était pas du tout facile. Et aller gagner, c'était encore quelque chose de très solide...
Gagner une Coupe d'Afrique des Nations, cela représente quoi dans la carrière d'un footballeur africain ?
Gagner une Coupe d'Afrique des Nations, cela représente énormément de choses. Premièrement, représenter son pays et lui faire l'honneur de lui ramener le trophée, c'est quelque chose de très fort. Quand vous avez tout un pays derrière vous et vous rentrez avec le trophée, c'est des moments inoubliables. C'est le cadeau le plus immense qu'un joueur peut faire à son pays. Gagner pour moi, c'était exceptionnel.