Les années passent et ont de plus en plus tendance à se ressembler en ce qui concerne les agressions qui surviennent en milieu scolaire. Entre oeil au beurre noir, tir kilot bate, harcèlement ou jeune poignardé au crayon, les parents, enseignants et travailleurs sociaux font un triste constat. Et la question demeure : que faire face à cette situation qui va crescendo ? Le ministre de l'Éducation, Mahend Gungapersad, fera bientôt des annonces.
Au poste de police de Triolet, le dimanche 26 janvier, à la veille de la reprise des classes, après le repos du week-end, les policiers ont été confrontés au refus d'un garçon de 11 ans de retourner au collège, dans lequel il vient tout juste d'être admis en Grade 7 et qui se trouve dans la localité. Traumatisé et harcelé par d'autres élèves dudit établissement scolaire, l'enfant a dû être assisté par un psychologue de la Child Development Unit (CDU) et son cas a déjà été pris en charge par les employés.
Lors de sa déclaration à la police en présence de sa mère, une employée dans la finance âgée de 46 ans, le collégien a expliqué qu'un groupe d'élèves l'avait pris pour cible depuis la rentrée des classes à cause de ses cheveux longs qu'il coiffe en chignon. Si, au début, ils le titillaient en le surnommant tifi à chaque fois qu'ils le croisaient, les garçons du g roupe l'auraient physiquement agressé durant la récréation mercredi dernier.
Ils l'auraient encerclé et l'auraient tiré par les cheveux de sorte de lui cogner la tête contre la table destinée aux enseignants, alors qu'ils se trouvaient dans leur classe. Pire encore, selon le jeune, c'est au moment où ses agresseurs, qui sont eux aussi des mineurs, auraient abaissé son short qu'il était parvenu à s'enfuir pour se réfugier aux toilettes.
Le vendredi 24 janvier, au poste de police de Trou-Fanfaron, c'est un autre cas des plus choquants qui a été rapporté. Une fillette de cinq ans, nouvellement admise en Grade 1 dans une école primaire de la capitale, a allégué avoir été frappée dans ses parties intimes par une enseignante qui aurait baissé ses sous-vêtements durant les heures de classes.
Avec l'accord de ses parents, elle a été examinée par un médecin de la police et assistée par le personnel de la CDU. Aucune trace d'agression sexuelle n'a fort heureusement été décelée et la petite a pu quitter l'hôpital, où elle avait été admise, avec sa mère. Bien que ses proches ne veuillent pas se prononcer en raison de l'enquête policière en cours, ils se disent très satisfaits de la manière dont l'affaire a été prise en charge par les autorités aussi bien que par le maître d'école de l'établissement concerné.
La petite a d'ailleurs déjà repris le chemin de l'école, hier, lundi, mais quelque chose de grave s'est bel et bien passé et l'enquête suit son cours, nous a-t-on précisé du côté de la famille.
À Terre-Rouge cette fois, le jeudi 23 janvier, une autre écolière de Grade 1, qui fréquente l'école du gouvernement du village, est rentrée chez elle avec un oeil au beurre noir et une bosse sur le front. Questionnée par sa mère, une habitante de Bois-Marchand âgée de 20 ans, la petite a révélé qu'elle aurait été agressée par son enseignante, une dénommée Miss A. Une enquête a été ouverte et l'enfant a déjà reçu des soins à l'hôpital.
Le même jour, au poste de police de l'hôpital Dr A. G. Jeetoo, à Port-Louis, un collégien de Grade 7, qui fréquente un State Secondary School situé à Bel-Village, a porté plainte, en présence de son père, contre un élève de sa classe qui l'aurait agressé plus tôt ce jour-là avec un vêtement trempé d'eau.
Lorsqu'il aurait réprimandé l'élève au sujet du comportement qu'il venait d'avoir à son égard, ce dernier se serait vexé et lui aurait alors donné plusieurs coups de poing sur l'épaule, le dos et dans les côtes. Son agresseur se serait parla suite saisi d'un objet en métal et lui aurait donné un violent coup à la cuisse.
La veille, le mercredi 22 janvier, c'est avec un crayon qu'un écolier de Grade 5 a été poignardé au bras par un camarade de classe alors qu'ils suivaient tous deux les cours de géographie. Les faits se sont produits dans une école primaire à Bambous. Blessé et saignant de la main, le garçon a alors relaté l'incident à son enseignant et au maître d'école avant d'être conduit au centre de santé de la localité. La Brigade pour la protection de la famille a été alertée et le cas a été rapporté par la victime en présence de sa mère à la police, jeudi dernier.
Définir une stratégie
Pour le ministre de l'Éducation, cette situation n'a que trop duré. C'est pourquoi Mahend Gungapersad va réunir, en urgence, à son bureau à l'IVTB, Phoenix, ce jeudi 30 janvier, les représentants de la Mauritius Police Force notamment, ceux de la Brigade pour la protection de la famille et de la CDU, des psychologues et des délégués des ministères de l'Égalité des genres et du bien-être de la famille, de la Santé et des Sports pour discuter du problème et établir une stratégie avant qu'il ne soit trop tard. Seront également présents lors de cette rencontre, l'Ombudsperson for Children, Aneeta Ghoorah, et les directeurs des zones.
Le nouveau ministre de l'Éducation estime que c'est en prenant des décisions communes avec toutes les parties concernées que l'on pourra espérer voir la lumière au bout du tunnel. Il dit compter sur le soutien des enfants eux-mêmes et de leurs parents, ainsi que sur celui des enseignants pour que cesse cette démonstration d'une jeunesse qui va mal.
«Nous allons devoir trouver des solutions car cela va au-delà des écoles. Des démonstrations de violence ont lieu sur les gares, dans les vans, et il faut sensibiliser la jeunesse mauricienne sur sa manière de se comporter en général.»