Au fur et à mesure que l'on s'approche de la date du 25 octobre 2025 prévue pour l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, les états-majors se mobilisent dans un climat de quasi-incertitude sur les candidatures.
Il faut rappeler que la déclaration de candidature est individuelle et que donc, même si des proclamations sont faites ici et là, il faudrait sans doute attendre le dépôt des candidatures et la publication officielle par le juge constitutionnel pour être édifié sur les concurrents, qui, au final, seront sur la ligne de départ, ce qui n'est pas encore le cas, quoique beaucoup d'indices permettent d'en citer certains.
D'ici là, il faut remarquer que l'espace politique ivoirien est plongé dans l'inédit, avec l'initiative du cercle des ministres, conseillers, hauts fonctionnaires catholiques qui est un réseau de politiques catholiques. À dire vrai, le fait est apparu très banal au point qu'il n'a suscité quasiment aucune réaction. Certes, on peut rétorquer que ce réseau, dont la vocation est d'être le trait d'union avec l'église locale, est bien dans son rôle.
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Toutefois, le diner organisé ce 02 décembre 2024 avec pas moins de Sept (7) ministres du gouvernement d'Alassane Ouattara autour du Nonce Apostolique en Côte d'Ivoire Mgr Mauricio Rueda Beltz n'en demeure pas moins un fait important à quelques encablures de l'élection présidentielle. Ce conclave, par sa composition et le moment choisi pour sa tenue, peut parfaitement laisser croire, en attendant la suite, qu'il constitue la « task force » qui prépare du côté de l'électorat catholique important une mobilisation apte à faire face à la montée en puissance de Simone Ehivet Gbagbo du côté de l'église et des fidèles des religions traditionnelles et sans doute de Laurent Gbagbo, lui, et le PPA-CI.
Cette stratégie qui, bien que dangereuse, sous-entend une volonté de partage de l'électorat sur la base de l'appartenance religieuse, avec comme hypothèse que si Ouattara se décidait enfin à se présenter, il pourrait engranger une part substantielle de l'électorat du bastion musulman ; et cela pourrait s'avérer insuffisant pour gagner dans l'hypothèse d'une validation des autres candidatures en puissance. On le voit bien, cette veillée d'armes rappelle un passé récent qui a plongé la Côte d'Ivoire dans une longue période trouble qui ne s'est d'ailleurs pas totalement estompée. La nouveauté aujourd'hui , c'est bien l'implication du Nonce, et en faveur d'une partie des protagonistes du jeu politique.
Le message, comme on pouvait s'y attendre, a été bien décrypté par l'opposition qui, aujourd'hui, travaille à trouver un cadre concerté de lutte pour la conquête du pouvoir, aux mains du RHDP. C'est le sens qu'il faut donner à la concertation initiée le 28 janvier 2025 à Marcory par les jeunes députés et sénateurs du PDCI (dirigé par Tidjane Thiam) et du PPA-CI (de Laurent Gbagbo) .
Pour eux, « l'objectif final, c'est faire en sorte que cette année 2025, nous mettions fin à la souffrance des Ivoiriens en changeant le régime que nous avons en Côte d'Ivoire. C'est dans ce cadre que nous allons faire nos réflexions, tout en soulignant que l'initiative vient de nous-mêmes, et il est important que nous le précisions pour éviter les amalgames». Cela a le mérite d'être clair. Les jeunes poussent à la roue pour aller vers une jonction PDCI/PPA-CI. Une telle alliance, si elle se matérialisait, changerait complètement la donne politique. Octobre 2025, c'est dans Neuf (9) mois, il est vrai que d'ici là, il y a du chemin.