L'association nationale des retraités du Gabon (ANAREG ), a, lors d'une récente déclaration devant la presse nationale et internationale à Libreville, fustigé le traitement à deux vitesses, des retraités gabonais. Selon Bernadette Owono Mba, présidente du bureau exécutif, il convient ici de faire un rappel historique sur la situation du retraité Gabonais avant la prise de pouvoir par le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI).
"Le retraité Gabonais dont la pension est gérée par deux caisses, la Caisse des pensions et des Prestations Familiales en abrégé CPPF pour le secteur Public et la Caisse Nationale de Sécurité Sociale en abrégé CNSS pour le secteur privé, a toujours fait preuve de patience par rapport à ses nombreuses attentes qui n'ont jamais préoccupé les gouvernants, nonobstant les discours mirifiques relatifs au prétendu respect de leurs droits à l'équité et à l'égalité des chances. Il n'en a rien été, absolument rien, pendant les nombreuses années de règne du pouvoir déchu, lequel pouvoir n'hésitait d'ailleurs pas à brutaliser les retraités à chaque fois qu'ils osaient réclamer le paiement de leurs droits.
S'agissant du retraité du secteur public géré par la CPPF, les Gabonais se souviennent encore de l'injustice vécue par ces retraités au moment du changement de la grille salariale. Pendant que les agents de l'État en fonction se réjouissaient de cette mesure qui visait l'amélioration de leurs conditions de vie, ceux admis à la retraite depuis cette date en ont été oubliés et écartés, et ont dû se contenter des années durant, d'une allocation provisoire (APA), sensée durer trois (3) mois selon leurs propres textes, mais qui en réalité s'est éternisée."
Après moult péripéties, les pensions des retraités du secteur public ont été arrimées au nouveau système de rémunération mais en triturant des textes de loi appliqués avec effet rétroactif, pour des rappels insignifiants et une revalorisation des pensions effectués sans aucune base cohérente.
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Les retraités du secteur privé quant à eux, gérés par la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, ont pour l'instant observé avec stoïcisme les avantages accordés à leurs collègues du secteur public.
"Nous sommes actuellement interpelés par nos membres au sujet des mesures prises en faveur des seuls retraités du secteur public. Ils nous font remarquer à juste titre que tous les retraités sont soumis au même environnement de consommation, aux mêmes besoins fondamentaux et sont tous impactés par l'augmentation continuelle du coût de la vie". Alors pourquoi deux poids deux mesures ? De même ils se demandent à quel code nous sommes soumis. Le code de la Prévoyance sociale ou celui de la CNSS ?
Autant de questionnements et d'injustice, qui font réagir l'ANAREG.
Aussi, selon le collectif, en dépit de quelques efforts fournis par le pouvoir en place, dans le sens de l'amélioration du traitement des retraités du secteur privé, ces derniers se sentent d'avantage rejetés, précarisés et non pris en compte par la politique sociale gouvernementale. Une désillusion qui se transforme progressivement en grogne latente qui finira par s'exprimer envers les gouvernants qui n'ont pas su mettre en oeuvre dans l'équité, les hautes instructions du chef de l'État.
Au final, l'ANAREG insiste et sollicite entre autres et ce dans les plus délais : l'augmentation des pensions des retraités du secteur privé statiques depuis 1975, ainsi ainsi que les rappels y relatifs sont plus que jamais très attendu.