Cameroun: Regards - Le mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) est-il un parti violent ?

13 Février 2025
opinion

Sans que ceci ne soit justifié, ni par un discours, ni par des actes de violence, les communicants du RDPC, parti au pouvoir et ses satellites, s'emploient à inoculer dans l'opinion, l'idée selon laquelle, le MRC, principal parti d'opposition, serait violent, ferait peur et qu'il est judicieux de s'en prémunir...

AU COEUR D'UNE SAVANTE ENTREPRISE D'OSTRACISATION POLITIQUE

Des éléments de langage, des formules chocs, sont fabriqués et injectés dans le public pour être empruntés par des esprits malins à des fins d'ostracisation politique. Les militants et sympathisant du principal parti de l'opposition sont donc qualifiés de « TALIBANS » ou de « CES GENS LA » ... Un peu comme si brutalement, une « race » de camerounais, parce qu'ils portent désormais des idées de changement, étaient habités par un esprit maléfique de violence.

Le caractère caricatural et excessif d'un tel propos, cache mal, l'inaptitude des pourfendeurs du MRC à lui répondre sur le terrain des idées et sur le terrain politique, tant effectivement ce parti fait peur, non par la violence, mais par sa capacité à séduire et donc à susciter l'adhésion des masses populaires. Ce qui ébranle évidemment l'establishment politique.

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J'illustrerai ce propos par un exemple : la quasi-totalité de mes analyses politiques est attaquée en commentaire par des fantassins à la solde de la dictature, qui ponctuent systématiquement leurs propos par : « Kamto ne sera jamais Président ». Autrefois, c'était : « un Bamiléké ne sera jamais Président ». Evidemment, en réaction, des sympathisants du MRC, qui apparaissent comme plus combatifs et peut être plus nombreux sur les réseaux sociaux, répondent à ces provocations... Chacun y va de son talent, mais aussi de son éducation... L'esprit malin ne parlera que la réaction, mais se gardera d'évoquer la violence de l'attaque.

UN PEU D'HISTOIRE

En réalité, je trouve la démarche politique du MRC extrêmement modérée face à la violence subie. Ce n'est pas ce parti qui séquestre, moleste, torture et expulse des militants de l'opposition dans le Sud Cameroun. Une telle violence est sans équivalent avec ce qui pourrait être observé entre deux débatteurs sans éducation politique sur les réseaux sociaux.

Par ailleurs, le MRC, à aucune occasion ne s'est inscrit dans une logique de violence. Le changement dans la paix qui est le leitmotiv de son leader Maurice KAMTO, est même perçu par certains comme une forme de lâcheté.

En somme, la violence sociale et politique est endémique au Cameroun.

Le NOSO et récemment le Sud Cameroun en sont la parfaite illustration. Sur les réseaux sociaux et dans les médias conventionnels, l'expression décomplexée de méchanceté humaine, du tribalisme est tolérée, instrumentalisée, encouragée par le régime BIYA, qui rêve d'un chaos politique qui lui permettrait d'éviter les élections à venir.

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