Addis Ababa — Le 38e sommet de l'Union africaine (UA), qui s'est ouvert samedi à Addis-Abeba, a mis en avant un thème essentiel pour l'avenir du continent : "La justice pour les Africains et les personnes d'ascendance africaine grâce aux réparations". Alors que les dirigeants des différentes nations du continent et les chefs des organisations internationales se réunissent pour délibérer sur ce thème, leurs réflexions soulignent le besoin urgent de responsabilité, de guérison et de restitution découlant des injustices historiques qui frappent depuis longtemps les sociétés africaines.
La reconnaissance des profondes cicatrices laissées par le colonialisme, l'esclavage et le racisme systémique est au coeur des discussions. Ces injustices historiques ont non seulement perturbé les structures sociales et économiques, mais ont également provoqué des traumatismes générationnels chez les individus et les communautés. Lors de l'ouverture du sommet, les dirigeants ont insisté sur le fait qu'une véritable justice ne peut être obtenue sans s'attaquer à ces injustices passées.
Dans son discours d'ouverture, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a souligné l'importance des réparations comme moyen de rectifier les torts du passé, le thème appelant à un processus de transformation qui reconnaisse les torts du passé et prenne des mesures audacieuses pour réparer les torts qui nous ont été causés, à nous, à la société à travers le continent. Le premier ministre a déclaré que le thème de l'assemblée de cette année nous invite également à panser les plaies des injustices historiques et à surmonter les traumatismes persistants qui ont longtemps entravé nos progrès. Il a déclaré : "La demande de réparations n'est pas une question de charité ou d'aide financière. Il s'agit d'un appel à la justice", indiquant que ce thème vise à restaurer la dignité de millions de personnes et à guérir les profondes cicatrices de la pauvreté, de l'inégalité et de la discrimination.
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Ses propos ont fait écho aux sentiments de nombreux participants qui reconnaissent que le chemin vers une véritable justice n'implique pas seulement une justice réparatrice, mais aussi des changements systémiques qui renforcent l'autonomie des nations et des communautés africaines.
Par ailleurs, le président du Ghana, John Mahaam, a souligné la nécessité d'un front africain uni pour plaider en faveur des réparations sur la scène internationale. Le président Mahaam a également souligné le besoin urgent de mécanismes juridiques et institutionnels plus solides aux niveaux national, régional et international afin de garantir des réparations pour les traumatismes historiques infligés à l'Afrique.
Il a décrit la traite transatlantique des esclaves, le colonialisme et l'exploitation néocoloniale comme des crimes odieux contre l'humanité, notant que plus de 12,5 millions d'Africains ont été déplacés de force et qu'au moins 2 millions d'entre eux ont péri pendant le passage du milieu ̵ le voyage maritime entrepris par les navires négriers de l'Afrique de l'Ouest vers les Antilles.
Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a pour sa part souligné que le monde ne doit jamais oublier que l'Afrique est victime de deux injustices colossales et cumulées. L'impact profond du colonialisme et de la traite transatlantique des esclaves. Il a déclaré que les racines remontent à des siècles et que les fruits amers continuent d'affecter les Africains et les personnes d'origine africaine jusqu'à ce jour. Il a donc souligné qu'il était grand temps de mettre en place des cadres de justice réparatrice.
Le dirigeant a donc demandé que justice soit faite pour le traumatisme historique infligé à l'Afrique mondiale, car il ne s'agit pas seulement d'une conversation, mais d'une réalité.
Les discussions du sommet ont également porté sur le rôle de la diaspora. Plusieurs dirigeants ont souligné que les personnes d'ascendance africaine du monde entier partagent cette lutte pour la justice et la reconnaissance de leurs origines. Ils ont souligné l'importance de favoriser les relations avec les diasporas africaines afin d'amplifier leurs voix et leurs expériences dans les discussions sur les réparations.
Alors que le sommet se poursuit, les réflexions de ces dirigeants nous rappellent avec force que la quête de justice va au-delà de la rhétorique ; il s'agit d'un appel à l'action qui requiert engagement, solidarité et volonté inébranlable de guérir les blessures du passé.
Le thème 2025 de l'UA résume l'espoir que l'Afrique puisse prendre l'initiative de redéfinir la justice non seulement pour son peuple, mais aussi pour les personnes d'ascendance africaine dans le monde entier, en ouvrant la voie à un avenir où la dignité, le respect et l'équité sont primordiaux.
Les messages diffusés lors du 38e sommet de l'UA marquent une étape importante dans la lutte contre les multiples formes d'injustice auxquelles sont confrontés les Africains et les personnes d'ascendance africaine, en suscitant un sentiment d'urgence et de responsabilité au sein des nations, afin d'œuvrer pour un avenir plus juste et plus équitable.