En Côte d'Ivoire, huit ans après l'attaque terroriste qui a endeuillé la station balnéaire de Grand-Bassam, la justice ivoirienne a confirmé vendredi, en appel, la condamnation à perpétuité de quatre accusés. Un verdict qui marque une nouvelle étape dans la quête de justice des familles des victimes et des survivants. Mais l'affaire est loin d'être terminée : la défense envisage un pourvoi en cassation. En attendant, les familles réclament toujours réparation.
Durant toute la durée du procès, parents des victimes et survivants de l'attaque terroriste de Grand-Bassam se rendent régulièrement au tribunal d'Abidjan pour suivre les auditions. Ce 13 mars 2016, Juliette a failli perdre son fils, blessé par balle. Aujourd'hui encore, elle conserve les images de cette tragédie. Satisfaite du verdict, elle plaide désormais pour obtenir réparation. « Il nous a été dit que les familles des victimes et les blessés seront indemnisés, mais jusqu'à présent, nous ne savons pas où en est le dossier, déclare Juliette. Avance-t-il ou pas ? Nous n'avons aucune information. Et surtout, nous n'avons rien reçu. »
Autre témoignage, celui d'une employée d'un des hôtels ciblés par l'attaque, qui a coûté la vie à 19 personnes. Aujourd'hui, elle est sans emploi et attend toujours plusieurs mois de salaire impayés : « Nous sommes licenciés depuis sept mois avec près de 21 mois d'arriérés de salaire. C'est un vrai dommage. Nous réclamons notre indemnisation. Dans les pays développés, cela se fait. Pourquoi pas nous ? »
En première instance, la cour avait décidé que chaque victime devrait recevoir entre 10 et 30 millions de francs CFA (entre 15 000 et 45 000 euros environ) en réparation. Mais ces fonds ne sont toujours pas disponibles. L'avocat des parties civiles, Me Amadou Camara, appelle l'État à agir sans attendre un nouveau procès en cassation. Pour lui : « L'État devrait se porter garant et trouver les fonds nécessaires pour indemniser ces victimes. »