Niger: Des assises nationales pas inclusives ?

17 Février 2025
interview

Les assises nationales ont démarré le 15 février. Elles vont fixer la durée et le contenu de la transition militaire. Mais une Ong émet des critiques.

Parmi les sujets au coeur des discussions de ces assises, figurent notamment la paix, la sécurité, la réconciliation nationale.

Quelque 600 délégués devront aussi discuter de l'élaboration du projet de la charte de la période de transition.

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Elh Baba El Makkiya est le président de SEDEL-Niger, une ONG de la société civile qui n'a pas été conviée à ces assises, ce qu'il dénonce.

Pourquoi vous ne participez pas à ces assises ?

Aujourd'hui, nous nous retrouvons avec des choses que nous ne comprenons pas. Comment ils ont fait leur nomination, comment ils ont désigné les gens.

Par exemple, si je prends les acteurs de la société civile, nous, nous n'avons pas été consultés et même les soi-disant élections qu'ils ont organisées, nous l'avons appris par la suite. Ils ont organisé des élections, mais nous n'avons pas été consultés. Et cela, vraiment, est décevant et frustrant pour quelqu'un, pour une structure qui soutient les efforts du gouvernement et du CNSP. Et pour nous de la diaspora qui sommes également venus au Niger depuis 18 mois, cela est donc incompréhensible. Donc ce n'est pas inclusif et cela n'est pas patriotique.

Donc, pour vous, les dés sont pipés dès le début ?

Pour nous, les dés sont pipés, à moins qu'ils ne reviennent en arrière pour réparer les choses. Mieux vaut tard que jamais.

Mais, il y a beaucoup d'organisations de la société civile qui participent à ces assises et qui sont aussi des organisations représentatives.

Ce que j'aimerais, c'est que tout le monde comprenne que nous n'avons pas été consultés ou concertés. Certains acteurs ont été nommés, mais la base n'a pas été consultée.

Mais vous n'êtes pas contre le principe de ces assises qui vont débattre de la vie de la nation, de toutes les questions, des questions de sécurité, des questions sociales et économiques et même des questions politiques.

Pas du tout. La seule chose que nous condamnons, c'est que cela n'est pas fait, du moins en consultation avec la base et que nous avons été marginalisés, si on peut le dire ainsi.

Alors, est-ce que ces assises ne sont-elles pas destinées à donner un vernis démocratique à l'action que les militaires vont désormais mener ?

Nous sommes prudents. C'est pour ça qu'on a dit : on attend de voir les conclusions, la synthèse qui va sortir de ces assises. À ce moment-là, nous reviendrons vers vous pour apprécier.

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