Bukavu, la capitale du Sud-Kivu est tombée depuis dimanche 16 février dernier aux mains du Mouvement du 23 mars qui n'ont pratiquement rencontré aucune résistance. C'est d'ailleurs le cas depuis qu'ils ont entamé leur marche depuis de longues semaines et de longs mois.
Le M23 avance sans que ni les FARDC, ni les organisations panafricaines internationales ne puissent instaurer un cessez-le-feu pour stopper leur marche. Le sommet de l'Union africaine vient de se terminer à Addis, minée par ses propres dissensions, elle n'a pu véritablement imposer quelque décision à qui que ce soit, ni même oser nommer le fauteur de troubles, Paul Kagamé.
Les pressions viennent surtout de l'extérieur, notamment de l'Union européenne qui multiplie les condamnations et appelle le président Rwandais à cesser son soutien au mouvement rebelle. En attendant cet improbable cessez-le-feu, à chaque étape son lot de drames humanitaires, voire d'exactions.
C'est notamment le cas à Goma où le procureur de la Cour pénale internationale a lancé un appel à témoins sur les violences commises dans cette ville et dans la région. En effet, selon le bureau des droits de l'homme de l'ONU, la situation dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), a entraîné de graves abus tels que des exécutions sommaires, y compris d'enfants, et des violences sexuelles liées au conflit.
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Des exactions de plus donc, comme ces mouvements en ont l'habitude, ont emmené la Cour pénale internationale à s'intéresser aux crimes commis dans le Nord-Kivu depuis le 1er janvier 2022, sur les mois d'affrontements entre l'armée congolaise et le M23 et l'escalade de la violence dans l'Est de la RDC plus précisément à Goma.
Sans indiquer nommément qui sont les cibles des enquêtes en cours, on se doute bien que le M23 soit dans le viseur de la CPI. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que la CPI s'intéresse aux exactions du M23. On se rappelle de Laurent Nkunda, général rebelle dans le viseur de la CPI aux arrêts depuis 2009 et gardé sous haute surveillance à Kigali, pendant ce temps Bosco Ntaganda, lui, est déjà en train de méditer entre quatre murs à la prison de Leuze-en-Hainaut au Royaume de Belgique sur ses faits et méfaits.
Cette pression judiciaire supplémentaire amènera-t-elle les rebelles à changer leur fusil d'épaule ? On doute que ça puisse les dissuader de quelque manière que ce soit à moins que la juridiction internationale ne vise plus haut pour toucher les parrains reconnus de cette nouvelle rébellion congolaise. C'est une autre paire de manche.
