Niger: Retour hypothétique à la démocratie

20 Février 2025

La commission mise en place par la junte militaire au pouvoir au Niger a récemment recommandé une transition d'une durée minimale de cinq ans avant un retour à un régime démocratique.

Cette annonce, relayée par la télévision d'État jeudi, suscite de vives réactions tant au sein du pays qu'à l'international.

Selon Abdoulaye Seydou, vice-président de la commission, "la durée de la transition est fixée à 60 mois, mais elle pourrait évoluer en fonction de la situation sécuritaire et d'autres facteurs". Le président de la commission, Mamoudou Harouna Djingarey, a confirmé cette période tout en précisant que les partis politiques seraient dissous et qu'une nouvelle charte permettrait l'existence de seulement deux à cinq formations politiques.

Depuis le coup d'État de 2023, la junte nigérienne, à l'instar des régimes militaires en place au Mali et au Burkina Faso, a adopté une ligne de rupture avec l'ancienne puissance coloniale française et d'autres partenaires européens. Elle s'est tournée vers la Russie pour obtenir un soutien militaire dans sa lutte contre les groupes djihadistes qui sévissent dans la région.

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Cette transition prolongée pose de nombreuses questions. Si la nécessité d'assurer la stabilité sécuritaire est mise en avant, la dissolution des partis politiques et l'instauration d'un régime contrôlé par un nombre restreint de formations laissent craindre une consolidation du pouvoir militaire au détriment du pluralisme démocratique. De nombreux observateurs redoutent une dérive autoritaire sous couvert de réorganisation politique.

Les partenaires internationaux du Niger, y compris la CEDEAO et l'Union Africaine, devront suivre de près l'évolution de cette transition pour éviter qu'elle ne devienne une justification à une confiscation durable du pouvoir par la junte. Le peuple nigérien, quant à lui, reste en attente de signaux clairs sur la sincérité de cette promesse de retour à la démocratie.

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