Kinshasa active le levier diplomatique pour tenter de juguler la pression militaire du M23 soutenu par l'armée rwandaise. En effet, après la prise de Goma, chef-lieu du Nord Kivu, le moral des FARDC semblent durement affecté avec la chute de Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu. Déjà, il s'observe une certaine agitation dans les agglomérations desdites provinces encore sous contrôle des forces loyalistes.
Le front diplomatique est désormais à la manoeuvre avec de nouvelles figures. Une délégation congolaise composée du député Lambert Mende, le ministre des Travaux publics Alexis Gisaro, le ministre du Commerce Julien Paluku et le haut représentant du Président Tshisekedi, Sambu Mambu, était à Nairobi pour rencontrer le Président William Ruto, en sa qualité de président en exercice de la Communauté des pays de l'Afrique de l'Est.
Objectif: discuter de l'escalade du conflit et des mesures à envisager, dans le cadre des décisions prises lors du Sommet conjoint EAC-SADC de Dar es-Salaam et de la réunion du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine à Addis-Abeba.
La guerre a repris au lendemain des ces deux sommets régionaux qui avaient semblé rassurer toutes les parties avant de redonner espoir à un processus négocié plutôt qu'à offensive militaire. Le Rwanda semble privilégier l'option militaire en poursuivant ses avancées.
C'est également l'occasion pour Félix Tshisekedi de dépêcher un émissaire auprès de son homologue tchadien Mahamat Idriss Déby Itno qui a eu à apporter son soutien au gouvernement congolais en appelant à la mobilisation urgente des organisations sous-régionales, régionales et internationales, notamment l'ONU et l'Union africaine.
Les relations entre Kinshasa et Ndjamena s'étaient approfondies. Au nom de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC), Félix Tshisekedi avait offert sa médiation lors de la crise politique successive à la mort du Président Idriss Déby, en 2021. Celle-ci avait donné lieu à une période de transition avec un gouvernement militaire mené par son fils Mahamat.
Les deux pays ont par ailleurs signé, le 25 juin, un accord d'exemption de visa pour leurs citoyens. Plusieurs autres accords diplomatiques et de coopération ont été signés entre les deux pays.
Il y a également la démarche des prélats catholiques et protestants pour tenter de ramener la paix. Beaucoup d'inquiétudes sur l'issue de cette mission des bons offices étant donné qu'aucune structure régionale ou à l'international semble appuyer cette démarche qui risque de ressembler à un pétard mouillé.