En 1965, le général De Gaulle disait déjà de l'ONU que c'était un "machin", c'est-à-dire un instrument pas très efficace pour prévenir la guerre, promouvoir la paix, la souveraineté des Etats, la liberté des peuples...
Le monde était en pleine Guerre froide avec des conflits régionaux, des guerres civiles nées des mouvements indépendantistes ou révolutionnaires que les Nations unies peinaient à enrayer. 60 ans après, l'emblématique chef de la résistance française a raison, aujourd'hui plus qu'hier. En 80 ans d'existence, en matière de prévention de la guerre ou, à défaut, de règlement des conflits armés, l'organisation mondiale se montre d'une inefficacité sidérante.
Oublions l'éternel conflit israélo-palestinien et la guerre en Ukraine pour ne considérer que la guerre qui fait de nouveau rage en RDC. La rébellion du M23 fait parler la poudre dans le Sud-Kivu, laissant sur le carreau des milliers de morts et des millions de déplacés au vu et au su de tout le monde, notamment des troupes de Casques bleus dont certaines se seraient réfugiées, comble de l'irresponsabilité, au Rwanda, le fauteur de trouble, qui ne s'en cache pas.
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Pendant ce temps, au siège de l'Organisation à New York, les concertations et les réunions se suivent et se ressemblent. Dernière en date, la réunion du Conseil de sécurité hier jeudi, d'où rien n'est sorti pour obtenir ne serait-ce qu'un cessez-le- feu pour espérer l'intervention des organisations humanitaires pour aider les populations civiles.
En effet, la réunion a pris fin après les salamalecs habituels et en attendant une énième résolution promise, ce sont les complaintes de la ministre congolaise des Affaires étrangères qui font écho aux gémissements des victimes tombées sur le terrain des combats, aux pleurs des femmes violées, des réfugiés affamés, etc.
En effet, selon Thérèse Kayikwamba Wagner, la cheffe de la diplomatie congolaise, « ce Conseil qui observe, ce Conseil qui condamne, mais ce Conseil qui n'agit pas » alors qu'il y a plus qu'urgence, car la crise se métastase, ce qui remet en cause les principes fondamentaux de l'ONU : la préservation de la paix et le respect du droit international incluant la préservation des frontières reconnues par la communauté internationale.
Hélas, cet attentisme aux conséquences tragiques n'est pas qu'une faute de l'ONU. De fait, avant la réunion du Conseil de sécurité d'hier, le 38e sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine, tenu les 15 et 16 février, n'a rien proposé non plus pour arrêter l'invasion de la RDC. L'appel au dialogue de toutes les parties résonne comme une caution donnée aux rebelles et à leurs parrains visibles ou de l'ombre.
La réunion conjointe du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de la Communauté de développement de l'Afrique centrale (EAC) et australe (SADC), tenue le 8 courant, n'avait pas fait mieux que l'UA. Elle avait aussi appelé toutes les parties à des négociations, mettant sur le même pied la rébellion et le gouvernement légal de la RDC.
L'allure à laquelle est décliné cet attentisme général est un blanc seing qui pourrait aboutir à la chute du gouvernement légal, voire pire : la partition du pays. Une autre remise en cause des frontières héritées de la colonisation qui indique que nos jeunes Etats cherchent encore leurs marques en matière de souveraineté et d'institutions pertinentes à même de booster leur développement.