Cameroun: Crash du Boeing 737 de Camair en 1995 - Procès, responsabilités et réclamations de 103 milliards de FCFA

21 Février 2025

Le crash du Boeing 737-200 de la Cameroon Airlines (Camair) survenu le 3 décembre 1995 à Douala reste l'une des tragédies aériennes les plus marquantes de l'histoire du Cameroun. Cet accident, qui a coûté la vie à 71 personnes (68 passagers et 3 membres d'équipage), fait aujourd'hui l'objet d'un procès retentissant. Le 20 février, le tribunal de Douala a examiné les responsabilités de Boeing et de Pratt & Whitney, le constructeur américain et le fabricant des moteurs, réclamant 103 milliards de FCFA en réparation.

Les causes de l'accident : une combinaison de défaillances techniques

Dès le 7 décembre 1995, une commission d'enquête avait été mise en place par le Premier ministre de l'époque pour déterminer les causes de cette catastrophe. Le rapport final, rendu en février 1996, a pointé du doigt plusieurs manquements techniques et humains. Parmi les causes racines identifiées :

- La défaillance du moteur JT8D-15 fabriqué par Pratt & Whitney, due à un défaut de fabrication.

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- L'absence d'un système d'alarme dans le cockpit, conçu par Boeing, pour informer les pilotes de la perte d'un moteur.

- Le manque de formation adéquate des pilotes pour gérer une remise de gaz lors de l'atterrissage avec un moteur en panne.

Ces conclusions ont mis en lumière des lacunes majeures dans la conception et la maintenance de l'appareil, ainsi que dans la formation des équipages.

Une première condamnation historique

Ce procès n'est pas le premier du genre pour Boeing et Pratt & Whitney. En mars 2023, le Tribunal de Grande Instance du Wouri avait déjà condamné les deux entreprises à payer 158,48 milliards de FCFA (soit 264 millions USD) à la Camair pour un autre accident survenu en 1984 impliquant un Boeing 737. Cette décision a marqué un précédent juridique important dans les litiges liés à la sécurité aérienne en Afrique.

Le procès en cours vise à obtenir justice pour les victimes et leurs familles, tout en renforçant la responsabilité des constructeurs aéronautiques. Les 103 milliards de FCFA réclamés représentent non seulement une compensation financière, mais aussi un signal fort pour améliorer les normes de sécurité dans l'industrie aéronautique mondiale.

Pourquoi ce cas est-il crucial ?

Ce procès soulève des questions essentielles sur la sécurité aérienne, la responsabilité des fabricants et les droits des victimes. Il met également en lumière l'importance des enquêtes techniques approfondies pour prévenir de futures tragédies.

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