Sénégal: La période de grâce définitivement terminée pour Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko

18 Février 2025

« Si le gouvernement ne nous écoute pas et qu'il n'est pas dans la logique de satisfaire nos revendications, nous allons en grève générale ». Ces menaces sont d'Elimane Diouf, le secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes du Sénégal (Csas). Il les a proférées le 15 février 2025, lors du lancement du grand rassemblement des forces syndicales à la Bourse du travail Keur Madia. La période de grâce est donc clairement terminée pour la paire Diomaye Faye - Ousmane Sonko.

Les Sénégalais s'impatientent et attendent les premiers fruits d'une amélioration du climat social promis par le pouvoir Pastef (Les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité).

La veille, l'Union nationale des travailleurs de la justice (Untj) a déposé un préavis de grève sur la table du gouvernement pour exiger le respect des engagements pris par l'État du Sénégal. Au même moment, le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal décrète une grève générale de 48h avec le respect strict des urgences sur tout le territoire national, les 18 et 19 février 2025.

Les agents de santé exigent « le recrutement dans la fonction publique des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes en chômage, communautaires et contractuels des hôpitaux et des collectivités territoriales ». Leurs revendications portent également sur la revalorisation des pensions de retraite des trois premières catégories, la fin des inégalités au niveau des indemnités.

Les partisans du pouvoir ne restent pas sans réactions devant cette entrée imminente du front social en ébullition. Ils s'attaquent aux leaders de la fronde.

Sur sa page X (Twitter), Karara (@vieuxaidara) - l'un d'entre eux - est particulièrement rude. Il écrit : « Que l'État ait le courage d'identifier et de couper tous les avantages accordés par @Macky_Sall à ces patrons de Centrales syndicales qui ont été ses complices... Ils sont restés 12 ans sans bouger le plus petit doigt".

"S'ils veulent partir en grève qu'ils partent en grève mais que les journées non travaillées ne soient pas payées... Il faut refuser d'être les otages de groupes mafieux qu'on réveille pour gérer les intérêts politiciens..." "Ce pays pour le gouverner dans la tranquillité il faut bien souvent être prêt pour la guerre et sans état d'âme... Pourquoi peut-on aujourd'hui parler de grève générale ? "Il est inadmissible que ce pays soit pris en otage par des voyous sans foi ni loi ».

Axmad V. DIAKHATE (@vincentdiakhate) abonde dans le sens et écrit : « Il va falloir que ces syndicalistes alimentaires sachent que les temps ont changé et que rien ne sera plus comme avant. Le peuple a parachevé sa révolution amorcée en mars 2024, celle-ci est très fragile eu égard à la gestion chaotique laissée par les régimes successifs ! »

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