Immigration, clandestine ou légale, d’année en année, ce phénomène prend une ampleur qui ne dit pas son nom. Décider de vendre ce que l’on détient, une maison, une parcelle de terrain, pour se créer un futur, soi-disant « avenir prometteur en Europe », c’est la tendance qui anime la jeunesse africaine.
L’Europe est idyllique pour certains africains, du moins jusqu’à ce qu’ils y mettent les pieds. Entre feuilletons diffusés via les chaines de télévision, les vlogs sur les réseaux sociaux, chacun se fait une idée de ce qu’est l’Europe sans avoir pris connaissance des risques qu’ils peuvent encourir quand ils mettent tout en gage pour un avenir verdoyant.
« J'ai placé ma confiance en un ami qui maîtrise le réseau, et il a profité de ma naïveté. » C'est la réaction de nombreux individus lorsqu'ils prennent conscience qu'ils ont été manipulés au détriment de leurs biens durement acquis ou hérités de leurs parents.
La Côte d'Ivoire entre mirage et perte, coûte que coûte l’Europe…
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En Côte d’Ivoire, par exemple, il ne s’agit pas d’un cas isolé, même si l’on espère qu’il s'agit de la dernière vague d'immigration, des Ivoiriens se retrouvent malheureusement à perdre la vie ou à vendre leurs biens pour tenter de rejoindre l’Europe.
Dans une récente investigation réalisée par RFI, « une cinquantaine d’Ivoiriens rapatriés du Nigeria sont actuellement hébergés dans un centre d’accueil chrétien de Grand-Bassam, à l’est d’Abidjan. Selon les autorités d’Abuja, ils avaient pénétré irrégulièrement sur le territoire nigérian, attirés par la perspective d’un emploi ou d’un départ pour l’Europe. Une promesse qui s’est avérée être une arnaque ».
La même source de préciser qu’en ce début de mois de février, la police nigériane a arrêté 110 Ivoiriens en situation irrégulière, soupçonnés de participer à une arnaque pyramidale.
Aux antennes de nos confrères, Gaoussou Karamoko, directeur général des Ivoiriens de l’Extérieur, indique que la tendance est inquiétante. «Beaucoup d'entre eux nous racontent qu'on leur a fait croire qu'il y avait des perspectives d'emploi et (en fait ils) ont tout perdu, ils sont tombés dans un piège. »
Selon une étude soumise par le Centre d’Etude stratégiques de l’Afrique , il estime que 35 % de la population de l’Afrique subsaharienne vit dans la pauvreté, ce qui crée une pression énorme sur les membres des ménages ayant un revenu afin de répondre aux besoins essentiels.
À ce stade, il est nécessaire de se demander d'où proviennent les ressources financières permettant cette migration, surtout s'il s'agit d'une population économiquement instable.
Par conséquent, un fait jusque là non régulé fait couler l’encre, il s’agit des « brouteurs ». En référence aux moutons qui se nourrissent sans efforts dans les terrains naturels avec de l'herbe.
Les brouteurs se représentent comme des experts en imposture, atteignant leurs victimes au plus profond d'elles-mêmes, souvent en se faisant passer pour de fervents amoureux. Les victimes, une fois prises dans leurs filets, font des choses irrationnelles comme offrir les économies d'une vie ou contracter des prêts en pure perte.
C’est aussi là une source de revenu, du moins informelle, qui amène à une immigration vers l’Europe, afin de découvrir leur « havre de paix ».
Nonobstant ce fait et bien d’autres non élucidés, c’est une alerte sanglante qui se doit d’être réglée par les autorités, aussi gouvernementales que régionales. Si la jeunesse est l’avenir de demain, de quel demain s’agit-il ? Mais surtout, de quelle jeunesse parle-t-on au regard du nombre de jeunes qui restent en mer ou dans le désert ?