Le secteur postal traverse une crise profonde dans plusieurs pays africains, mettant en lumière des difficultés financières, des tensions sociales et un retard dans l'adaptation au numérique. Que ce soit au Gabon, où une grève des agents a paralysé le service, ou en Tunisie, où une mobilisation a failli dégénérer, les défis s'accumulent pour ces institutions autrefois centrales dans l'économie.
Au Gabon, la Poste SA traverse une période tumultueuse, marquée par des difficultés financières et des accusations de mauvaise gestion.
Une vague de protestations a récemment secoué l'entreprise, les agents dénonçant des salaires impayés et des conditions de travail précaires. Face à cette crise, la ministre de la Communication et des Médias, Mme Laurence Ndong, a tenu une conférence de presse récemment pour évoquer l'avenir de l'institution. Elle a notamment insisté sur la nécessité pour la Poste gabonaise de s'adapter à la transformation numérique.
« La Poste gabonaise a tout pour être rentable, à condition de s'adapter à l'ère du numérique, comme l'ont fait d'autres postes à travers le monde », a déclaré la ministre.
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Il faut dire qu'en octobre 2024, des soupçons de mauvaise gestion avaient déjà conduit à la suspension du président-directeur général, Jean Éric Raynard Ndama, ainsi que de dix autres hauts cadres. Leur gestion opaque aurait mis en péril l'avenir de l'entreprise, selon le média local Union Sonapresse.
Une grève évitée de justesse
Pour le cas de la Tunisie, la situation de la Poste a également suscité des tensions.
Une grève, initialement annoncée, a finalement été suspendue 24 heures après l'intervention des autorités. Les agents de la Poste tunisienne protestaient contre le blocage des promotions depuis deux ans, ainsi que l'inaction des dirigeants face à la création d'un fonds social pour les employés.
Grâce à une médiation impliquant le ministère des Affaires sociales et l'Union générale tunisienne du travail (UGTT), nos confrères de La Presse rapportent qu'un accord a été trouvé entre les grévistes et la direction générale de la Poste, permettant d'éviter une paralysie du service.
Les crises de la Poste gabonaise et tunisienne illustrent un défi plus vaste auquel font face de nombreux services postaux en Afrique, celui de la nécessité d'une modernisation numérique.
Alors que les concurrents du secteur misent sur la digitalisation pour optimiser leurs services et séduire une clientèle connectée, les structures postales publiques peinent encore à amorcer leur transition.
À l'ère où ses concurrents sont très penchés sur le numérique pour faciliter les transactions, la Poste devrait se mettre au pas afin de rattraper la concurrence, soulager son personnel et poursuivre son évolution en misant sur l'innovation et la diversification de ses services pour mieux servir ses usagers.