Madagascar: Banque Mondiale/Lutte contre la pauvreté - Un taux de croissance encore trop faible

Deux importants accords de financement ont été signés en présence du président de la République Andry Rajoelina et du vice-président du groupe Afrique de la Banque mondiale Hafez Ghanem. (Archive)

La Banque mondiale souligne que la croissance économique de Madagascar reste trop faible pour réduire la pauvreté. Elle appelle à des réformes pour améliorer la productivité et les conditions de vie.

La Banque mondiale appelle à une hausse de la productivité pour améliorer le niveau de vie à Madagascar. Selon les données présentées hier au Carlton Anosy, dans le cadre de la publication des notes de conjoncture économique de Madagascar, l'économie du pays affiche des signes de reprise. Toutefois, la croissance demeure insuffisante et inégalement répartie pour avoir un impact significatif sur la réduction de la pauvreté. Après avoir atteint 4,2 % en 2024, elle devrait s'établir en moyenne à 4,7 % entre 2025 et 2027, soutenue par les secteurs du textile, des mines et des services.

Cependant, cette progression ne bénéficie pas suffisamment aux ménages : près de 70 % de la population vit toujours sous le seuil de pauvreté international, fixé à 2,15 dollars par jour.

Le marché du travail reste dominé par une agriculture à faible productivité, qui emploie plus de 60 % des travailleurs. Par ailleurs, seule la moitié des Malgaches en âge de travailler occupe un emploi, souvent précaire et informel. « La croissance actuelle, bien qu'encourageante, ne suffit pas à générer un nombre significatif d'emplois décents ni à réduire durablement la pauvreté », a précisé Atou Seck, responsable des opérations de la Banque mondiale pour Madagascar.

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Malgré une hausse des investissements privés, les exportations peinent à se redresser, tandis que les recettes fiscales, limitées à 10,8 % du PIB, entravent la capacité du gouvernement à améliorer les services de base. L'accès au crédit, essentiel au dynamisme des entreprises, demeure également inférieur à la moyenne régionale. « Le manque d'accès au financement constitue un frein majeur à la productivité des entreprises », a souligné Sagita Muco, spécialiste principal du secteur privé.

Des réformes nécessaires

La Banque mondiale insiste sur l'urgence de réformes structurelles pour libérer le potentiel économique de Madagascar. Depuis vingt ans, le pays enregistre un recul de sa productivité, avec un PIB par travailleur en baisse de 0,2 % par an. Aujourd'hui, un travailleur malgache est trois fois moins productif que la moyenne en Afrique subsaharienne.

Les disparités entre entreprises sont tout aussi marquées : les 25 % les plus productives versent des salaires jusqu'à sept fois supérieurs à ceux proposés par les moins performantes. « Améliorer la productivité des entreprises est essentiel pour renforcer la compétitivité, favoriser l'innovation et créer des emplois mieux rémunérés », a affirmé Fanjaniaina Prisca Mamitiana, spécialiste du développement du secteur privé.

Les défis à relever restent nombreux : infrastructures insuffisantes, services publics peu fiables, incertitudes politiques et inadéquation des compétences. « Garantir une énergie fiable, des infrastructures efficaces et une meilleure connectivité est indispensable pour surmonter ces obstacles », a insisté Atou Seck.

Pour y parvenir, la Banque mondiale recommande une accélération des réformes structurelles dans les secteurs stratégiques.

« Un renforcement de la gouvernance et une stabilité macroéconomique sont essentiels pour assurer un développement durable et améliorer les conditions de vie de la population malgache », ont conclu Sagita Muco et Fanjaniaina Prisca Mamitiana.

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