Une élue du parti présidentiel a été tuée par balles en fin de semaine dernière dans une région du centre de Madagascar confrontée de longue date à la violence de voleurs de zébus souvent armés. Six suspects ont été arrêtés, mais les enquêteurs n'ont pas encore établi leurs motivations exactes.
C'est au lendemain de son investiture comme maire de la commune rurale de Mangataboahangy, dans la région d'Amoron'ny Mania, que Narindraniana Ranivoarivony, 31 ans, a été tuée par un groupe d'assaillants lourdement armés.
Dans les régions rurales en proie aux vols de zébus, les maires sont particulièrement vulnérables, souligne le professeur d'histoire contemporaine Jeannot Rasoloarison : « Les maires délivrent des papiers qui attestent la propriété des zébus. Et c'est là que, avec le phénomène de vols de zébus, il peut y avoir des malentendus entre les propriétaires et le maire qui refuse parfois de délivrer les papiers lorsqu'il constate que l'origine des zébus à vendre n'est pas bien prouvée. Et c'est là, dans certains cas, l'origine de la violence à l'encontre des maires. »
« Nous n'allons pas baisser les bras »
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Pour Estelle Andriamasy, Présidente du Conseil National des Femmes de Madagascar, cet assassinat est surtout emblématique des violences que subissent les rares femmes qui osent se lancer en politique.
« La plupart des femmes en politique subissent des menaces. Et on a collecté beaucoup de plaintes, beaucoup de cas de violences racontés par les femmes qui se présentent comme candidates à Madagascar. L'une des principales causes de cette violence, ce sont les stéréotypes qui persistent dans les mentalités, selon lesquels une femme n'est pas apte à occuper des responsabilités politiques. Celles qui osent reçoivent des intimidations pour les inciter à ne pas aller occuper ces places », constate Estelle Andriamasy.
« Nous n'allons pas baisser les bras. Nous allons continuer notre lutte, c'est toujours un défi, un grand défi à Madagascar l'accès des femmes au pouvoir politique. Tout ce qui se passe là nous renforce à aller plus loin pour arriver à cette participation des femmes en politique », ajoute-t-elle.
La police nationale a annoncé la mobilisation de renforts dans la région d'Amoron'ny Mania afin de lutter contre l'insécurité.
