Cameroun: Conseiller municipal RDPC de Monatélé menacé de destitution après une lettre ouverte à Paul Biya

27 Février 2025

Le Conseiller municipal RDPC de la mairie de Monatélé, Léon Theiler, qui a demandé dans une lettre ouverte à Paul Biya de quitter le pouvoir, est menacé de destitution par le Conseil Municipal qui se tient ce jeudi.

L'affaire fait grand bruit dans la région de Monatélé et au-delà. Léon Theiler, conseiller municipal du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), le parti au pouvoir, a osé briser un tabou en s'adressant directement au président Paul Biya dans une lettre ouverte. Dans cette missive, il a demandé au chef de l'État, au pouvoir depuis 1982, de quitter la scène politique pour permettre une transition démocratique.

Cette prise de position audacieuse n'est pas passée inaperçue. Rapidement, des voix se sont élevées au sein du Conseil Municipal de Monatélé pour réclamer sa destitution. Une réunion extraordinaire du Conseil est prévue ce jeudi, où le sort de Léon Theiler sera discuté. Selon des sources proches du dossier, une majorité de conseillers municipaux soutiennent sa destitution, considérant que sa lettre ouverte va à l'encontre des principes du RDPC et de la loyauté due au président Biya.

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Dans sa lettre, Léon Theiler a critiqué la longévité du régime de Paul Biya, soulignant les défis économiques, sociaux et sécuritaires auxquels fait face le Cameroun. Il a appelé à une transition pacifique et à l'émergence d'une nouvelle génération de leaders politiques. « Le temps est venu pour le président Biya de passer le flambeau. Le Cameroun a besoin de renouveau », a-t-il écrit.

Cette initiative a été saluée par certains citoyens et opposants politiques, qui y voient un acte de courage dans un contexte où la critique ouverte du régime est souvent réprimée. Cependant, elle a également suscité des réactions hostiles au sein du RDPC, où la loyauté envers Paul Biya reste un pilier central.

La menace de destitution qui pèse sur Léon Theiler soulève des questions sur la liberté d'expression et la démocratie interne au sein du RDPC. Certains observateurs estiment que cette décision pourrait être perçue comme une tentative de museler les voix dissidentes, même au sein du parti au pouvoir.

Cette affaire intervient dans un contexte politique tendu au Cameroun, marqué par des défis économiques, des tensions sécuritaires dans les régions anglophones et une grogne sociale grandissante. Elle pourrait également relancer le débat sur la succession de Paul Biya, un sujet sensible dans le pays.

En attendant la décision du Conseil Municipal ce jeudi, l'attention est rivée sur Monatélé. Quelle que soit l'issue, cette affaire aura des répercussions sur la scène politique camerounaise, tant au niveau local que national.

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