Afrique: Madagascar et le Congo-Brazzaville veulent mieux protéger leurs forêts

Madagascar et le Congo-Brazzaville veulent unir leurs forces pour sauvegarder leurs forêts. Profitant d'une opération de reboisement de 3 000 arbres sur l'île malgache ce lundi 3 mars, les deux pays ouvrent la voie à une coopération bilatérale plus étroite sur les enjeux environnementaux.

En ce lundi 3 mars, Journée africaine de l'environnement, des membres du gouvernement du Congo-Brazzaville et de Madagascar se retrouvent non loin d'Antananarivo pour une opération de reboisement, durant laquelle 3 000 arbres doivent être plantés.

Le reboisement organisé dans le district d'Ankazobe en présence de ministres congolais et malgaches n'est qu'un premier pas, assure Patrick Rajoelina, conseiller spécial Diplomatie du président malgacheAndry Rajoelina : « Cette coopération entre le Congo et Madagascar va se poursuivre, dans le cadre d'une coopération sud-sud, par des investissements croisés, mais aussi par des échanges d'informations, de technologies et de savoir-faire. »

Il ajoute que Madagascar a « renforcé de très nombreux liens avec beaucoup de pays africains lors de la campagne pour la Présidence de la Commission de l'Union africaine ». La ministre des Affaires Étrangères malgache, Rasata Rafaravavitafika, a ainsi rencontré le président congolais Denis Sassou N'Guesso à Brazzaville le 4 février dernier.

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Des forêts primaires importantes

Le Congo-Brazzaville dispose comme Madagascar de riches forêts primaires, mais est beaucoup moins affecté par la déforestation que la Grande Île, qui a perdu la moitié de ses forêts en 60 ans.

Les deux pays ont adopté un accord de coopération en 1984 et souhaitent désormais lui donner une nouvelle impulsion en protégeant ensemble leurs ressources naturelles, selon l'ambassadeur du Congo à Madagascar. « La République du Congo a un faible taux de déforestation et nous nous sommes engagés pour restaurer ce qui était détruit dans des campagnes majeures d'afforestation et de reboisement, tandis que Madagascar a des choses très intéressantes pour nous dans le cadre des transformations des produits issus de leur biodiversité. Nous voyons aussi comment les autorités malgaches gèrent leurs parcs nationaux. Nous sommes donc là pour un échange afin que toutes les parties tirent avantage de leurs expériences » explique Constant-Serge Bounda.

La société civile sceptique

Aucun montant d'investissements ni objectifs précis n'ont pour l'instant été annoncés par les deux pays. La société civile malgache se montre, elle, sceptique quant à l'action environnementale du Président Andry Rajoelina.

Lors de la COP29 de Bakou en novembre dernier, plus de 60 organisations malgaches avaient ainsi dénoncé son projet d'autoroute Antananarivo-Tamatave, redoutant qu'il ne détruise une partie des dernières forêts primaires du pays.

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