Les sites d'hébergement n'arrivent pas à contenir les milliers de sinistrés de la montée des eaux à Morondava. Hôtels et particuliers viennent à la rescousse.
Quelque dix-sept mille sinistrés sont enregistrés dans la région Menabe dont sept mille quarante-cinq pour la ville de Morondava. Les sites d'hébergement, mobilisés par le Centre opérationnel de gestion des risques et catastrophes de Menabe, ne sont pas arrivés à contenir un aussi grand nombre de personnes.
« Des hôtels et des particuliers ont accepté d'accueillir des sinistrés. Des infrastructures appartenant à des entités privées comme la salle d'oeuvre catholique et des écoles privées ont également reçu des sinistrés. De nombreux sinistrés ont rejoint leurs familles et connaissances qui habitent dans des maisons en dur, plus solides, des maisons à étage ou situées à un niveau plus élevé que l'eau », explique Fidèle Rafidison, préfet de Morondava.
Les eaux ont, en effet, atteint des habitations, en dur ou non, situées près de la mer comme celles situées à Anosikely ou à Ankisirasira. Mercredi, les eaux de mer sont arrivées jusqu'en plein centre de Morondava comme à Sanfily et à Morondava-Centre.
Cette situation hors du commun est due au cyclone et surtout aux flux en quantité en provenance des régions Amoron'i Mania et Vakinankaratra où les pluies ont été abondantes à la mi-février. Ils se déversent dans le canal de Mozambique par le fleuve Tsiribihina ou l'inter-fleuve Morondava-Kabatomena dont les embouchures se trouvent respectivement au sud et au nord de la ville.
Problématique
« En fait, l'eau a commencé à monter depuis le 18 février, et s'est déjà fait sentir dans des quartiers comme Ankisirasira. Le niveau est monté de dix centimètres ce jour-là », raconte Robert Namearison, habitant d'Ankisirasira.
Le cyclone « Honde » a commencé à frapper fort la semaine, d'après amenant des pluies. La création du système a coïncidé avec la période des marées hautes. Depuis mercredi, la ville de Morondava a subi les impacts de ce mélange d'aléas : la montée de la mer, les crues depuis les régions en amont et les pluies accompagnant le cyclone tropical « Honde », explique Jean Patrick Rakotomalala, un confrère basé à Morondava.
« Il ne faut pas oublier que Morondava se trouve sur une côte sableuse, basse et instable. Kabatomena a toujours été problématique car il n'arrive pas à contenir depuis longtemps le flux. La ville se trouve aussi en basse altitude, en dessous de la mer », ajoute-t-il. Les secours se sont néanmoins organisés mobilisant les forces de l'ordre, des organisations non gouvernementales et les autorités locales depuis Belo-sur-Tsiribihina, Mahabo et Morondava.
Hier, les pluies se sont fait rares laissant place à un soleil encore timide. Le niveau des eaux a baissé et les sinistrés commenceront à rejoindre leur habitation respective ce jour. Les écoles ouvriront leurs portes mercredi.