Tout un symbole, dira-t-on ! Les observateurs avertis de la vie politique gabonaise ne sont pas surpris de voir le Président de la Transition au Gabon, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema, qui avait pris le pouvoir des mains d'Ali Bongo Ondimba, poser sa candidature à la prochaine élection présidentielle au Gabon.
Il vient ainsi de répondre à l’appel des « sirènes » du pouvoir issues de son camp. L’annonce a été faite. Et pourtant, lors de son investiture en septembre 2023, il avait promis de rendre le pouvoir aux civils au terme d’élections libres et transparentes. Qu’est-ce qui a pu changer entretemps pour provoquer cette volte-face ?
Les déplacements du Général à l’intérieur du pays et à l’étranger ont été les signes annonciateurs de cette décision qui, tout compte fait, semble plutôt être bien accueillie, dans un contexte où l’opposition est dans une totale désorganisation. L’ancien Parti Démocratique Gabonais (PDG), traversé par de profondes fractures, ne présente pas pour le moment une candidature apte à challenger Oligui Nguema, exceptée celle de l’ancien premier ministre d’Ali Bongo, Alain-Claude Bilie By Nze, qui, d’ailleurs, a pris ses distances vis-à-vis du PDG. Elle reste pour l’instant la seule hypothèse vraiment crédible. À ce jour, une vingtaine de candidats, dont deux (2) dames, sont sur la ligne de départ à quatre jours de la clôture des candidatures prévue pour le 8 mars.
Avant le démarrage de la campagne électorale prévue pour le 29 mars 2025, la veillée d’armes a déjà commencé, y compris dans les rangs de l’opposition classique (notamment Albert Ondo Essa, Pierre Claver Maganga Moussavou…), qui avait fait de son cheval de bataille la non-participation des autorités militaires de la transition à la présidentielle.
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Même si Brice Oligui Nguema part avec une certaine longueur d’avance, à la faveur d’une constitution taillée à sa mesure selon certains observateurs, il devra toutefois faire face à un problème sérieux de sa gouvernance avec « sa légion étrangère », que le Pr Ondo Essa distinguait d’ailleurs des « gabonais normaux ».
Il s’agit d’un nombre important de bi-nationaux, originaires de pays africains pour certains, qui sont présents dans les hautes sphères de l’administration gabonaise, et que l’opinion supporte de moins en moins depuis Ali Bongo, d’ailleurs.
Enfin, Brice Oligui Nguema ne pourra pas faire l’impasse sur le cas d'Ali Bongo, l’ancien président de la République dont il fut le chef de sa garde présidentielle, mais aussi celui de sa famille dont le sort reste encore inconnu.
De même, il devra satisfaire aux exigences de l’article 190 du Code électoral qui dispose que : « Ne peuvent être acceptées, pendant l’exercice de leurs fonctions, sauf démission ou mise en disponibilité préalable, les candidatures des personnes suivantes :
- Les personnels de commandement et les auxiliaires de commandement
- Les magistrats
- Les comptables publics principaux
- Les officiers généraux, les officiers et sous-officiers des forces de sécurité et de défense.
- Brice Oligui Nguema figure dans ce dernier cas, par conséquent il lui reste à accomplir cette formalité substantielle (qui n’est pas encore rendue publique) pour valider sa candidature à la date du 8 mars.