Le représentant spécial de l'Union européenne pour la région des Grands Lacs a séjourné en République démocratique du Congo du 2 au 5 mars 2025.
Mine de rien, cela fait pratiquement la quatrième visite en l'espace d'un semestre dans cette région particulièrement tourmentée et marquée par la nouvelle rébellion du M23.
Après une série d'offensives, le groupe armé a pris le contrôle des villes clés telles que Goma, la capitale du Nord-Kivu, et Bukavu, la capitale du Sud-Kivu. Le M23 a également étendu son influence dans d'autres localités importantes comme Masisi, Lumbishi et Minova.
Alors que certains accusent l'Union européenne d'avoir une double lecture des conflits ukrainien et congolais, pour le missi dominici de l'UE, il n'en est rien. « Le respect du droit international doit être une priorité partout dans le monde. »
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Même si pour le moment il n'y a pas de sanctions prises à l'encontre du Rwanda, qui de notoriété publique soutient les rebelles du M23, il y a quelque temps, le Parlement européen a adopté une résolution demandant à l'Union européenne de suspendre un accord sur les minerais rares avec le Rwanda en raison de son soutien aux rebelles. Les choses ne semblent pas encore totalement actées.
Si l'UE marche à son rythme, au sujet des mesures de représailles de toutes parts, des sanctions pleuvent sur la tête de Paul Kagame et du Rwanda.
Ainsi, la Belgique, la France et l'Allemagne appellent à la suspension de l'assistance militaire. Dernière salve en date contre Kigali : celle du Canada qui a condamné la présence des forces de défense rwandaises en RDC et leur soutien au M23.
Force est de reconnaître que pour le moment, il s'agit plus de condamnations de pure forme et d'intentions de sanctions sans qu'elles soient prises de façon formelle. Pourtant, jusqu'à présent, l'homme fort de Kigali ne semble pas s'en émouvoir outre mesure, restant sourd à toutes les voix qui le conjurent de lever le pied dans l'est du Congo et de donner une chance à la paix.
Plutôt que de trembler et de s'en inquiéter, le président rwandais passe à l'offensive contre certains pays. Il a ainsi récemment demandé à la Grande-Bretagne le paiement du solde restant de l'accord sur les migrants.
Une prise de position qui fait suite à celle de Londres sur le conflit en RD Congo. Pendant ce temps, la situation sur le terrain est toujours volatile et le cessez-le-feu toujours aussi difficile à mettre en oeuvre. De même, l'aide humanitaire en direction des civils, notamment dans la région du Nord-Kivu où l'aéroport de Goma est toujours contrôlé par les rebelles et leur parrain rwandais, reste problématique.
Bien malin qui pourrait dire ce qui parviendra à contraindre Kagamé d'arrêter la déstabilisation de son grand voisin avec comme cheval de Troie le M23.