Ile Maurice: Navin Ramgoolam - L'obligation de déclarer son appartenance ethnique bientôt supprimée

Un amendement permanent sera bientôt apporté afin que chaque candidat souhaitant se présenter aux élections générales ne soit plus tenu de dévoiler son identité ethnique. Par ailleurs, l'enregistrement des électeurs sera révisé, et le dépouillement des voix pourrait désormais débuter dès la clôture du scrutin.

Ces changements ont été annoncés par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, lors de son intervention sur le programme du gouvernement 2025-2029, approuvé par la majorité vendredi soir à l'Assemblée nationale. Il a rappelé le cas de Rezistans ek Alternativ, qui luttait pour que l'appartenance ethnique ne soit pas considérée comme un critère pour se présenter aux élections. Malgré un amendement temporaire supprimant cette obligation, il estime que cela ne suffit pas pour garantir une véritable démocratie. Ainsi, cet amendement deviendra désormais permanent. «Aucun Mauricien n'aura à déclarer son appartenance communautaire pour se porter candidat à une élection», a assuré le Premier ministre.

L'enregistrement des électeurs, a-t-il indiqué, sera modifié. Les citoyens ayant atteint 18 ans pourront s'inscrire sur les listes électorales jusqu'à au moins une semaine après la publication du writ of election. Il souhaite que ce changement soit appliqué dès les prochaines élections locales. Il a également annoncé l'adoption de nouvelles technologies pour faciliter l'enregistrement des électeurs.

Tout le soutien nécessaire sera accordé à l'Electoral Supervisory Commission afin que le dépouillement puisse commencer le soir même du scrutin. Il a précisé avoir déjà abordé ce sujet avec la commissaire électorale et qu'une équipe sera envoyée pour en discuter. Selon lui, il est temps de mettre fin à l'ancien système de stockage des urnes avant le dépouillement.

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L'usurpation d'identité lors du vote sera également éradiquée. Navin Ramgoolam estime qu'il est «inacceptable» qu'un électeur puisse voter à la place d'un autre.

Le gouvernement prévoit aussi d'introduire une Anti-Defection Law, bien que sa mise en oeuvre s'annonce complexe. Par ailleurs, des législations sur le financement des partis politiques seront adoptées dans le cadre des réformes envisagées.

Le chef du gouvernement a également souligné la nécessité d'augmenter les plafonds des dépenses électorales. «Tout le monde est d'accord. C'est beaucoup, beaucoup trop bas», dit-il. Des discussions élargies, incluant des experts, seront organisées afin de combler toutes les failles existantes.

Par ailleurs, il rappelle qu'en 2019, des noms d'électeurs ont été effacés des listes électorales. «Cela doit cesser», a-t-il affirmé et a ajouté qu'une procédure stricte devra désormais être suivie. Il avance que tout électeur dont le nom a été supprimé ou est sur le point de l'être devra en être officiellement informé afin de pouvoir décider s'il souhaite réintégrer la liste électorale.

Ces changements, a-t-il précisé, ont déjà été discutés avec le commissaire électoral et l'Electoral Supervisory Commission, et d'autres consultations suivront. Navin Ramgoolam affirme que le gouvernement veillera à ce que les élections soient «libres et équitables». Grâce à l'introduction d'une réforme électorale incluant une dose de proportionnelle, la représentation des femmes au Parlement sera renforcée.

Navin Ramgoolam affirme également que le gouvernement sera «intransigeant» envers les barons de la drogue. Il assure que les policiers bénéficieront d'un véritable plan de carrière clair et structuré.

Par ailleurs, le Premier ministre n'a pas ménagé l'ancien commissaire de police, allant même jusqu'à employer le terme «Monsieur Gel».

Il souhaite également que les jeunes ayant quitté Maurice reviennent au pays, déclarant que ces derniers veulent «voir prévaloir la méritocratie».

Il regrette que son gouvernement ait hérité d'une situation économique «désastreuse». Toutefois, il reconnaît ne pas avoir de «baguette magique» mais affirme disposer d'une «équipe de rêve» pour redresser l'économie.

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