Afrique: Leslie Notsi (Lesotho) - « Nous devons croire en nos forces et jouer avec nos convictions. »

interview

Le sélectionneur du Lesotho, Leslie Notsi, dispose d'une vaste expérience acquise au fil de plus d'une décennie à la tête des différentes équipes nationales du pays, ainsi qu'à travers des expériences d'entraîneur en Afrique du Sud.

À 60 ans, il s'est confié à CAFOnline sur les prochaines échéances du Lesotho dans les éliminatoires de la Coupe du Monde de la FIFA 2026 et sur d'autres aspects du football dans le royaume montagneux.

Avez-vous entamé votre préparation pour les deux rencontres qualificatives à la Coupe du Monde contre l'Afrique du Sud et le Rwanda ?

Oui, nous avons débuté les préparatifs avec les joueurs locaux, à travers des séances d'entraînement régulières. En général, nous nous entraînons les lundis et mardis. Le mardi est particulièrement intense, car le lundi est souvent dédié à la récupération, notamment pour les joueurs qui ont disputé des rencontres avec leurs clubs la veille. Nous essayons d'accorder aux joueurs locaux une opportunité de représenter leur pays. Lors des éliminatoires du CHAN, nous avons concédé une courte défaite face à l'Angola, mais certains joueurs se sont distingués et nous envisageons de les intégrer à l'effectif pour ces qualifications mondiales.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Lorsque vous vous retrouvez en regroupement, ressentez-vous un engouement particulier chez vos joueurs, sachant qu'ils disputent une compétition aussi prestigieuse que la Coupe du Monde ?

Bien sûr, il y a un véritable enthousiasme, car ils perçoivent la progression de l'équipe. Certes, nous ne sommes pas encore à l'endroit souhaité, mais nous avançons dans la bonne direction. Chaque joueur aspire à défendre les couleurs nationales et, à chaque séance, on ressent leur motivation, leur envie. Cela nous permet aussi d'évaluer leur comportement au sein du groupe, car l'attitude et la mentalité comptent autant que les qualités techniques.

Quelles sont vos attentes pour ces deux matchs ?

Nous nous attendons à des confrontations extrêmement disputées. Nous avons le plus grand respect pour nos adversaires. L'Afrique du Sud a réalisé de très belles performances lors des deux dernières éditions de la CAN, avec une constance remarquable. Elle possède des joueurs talentueux qui évoluent dans les meilleurs clubs du continent et bénéficient d'un encadrement technique de très haut niveau. Ce sera un défi de taille de les affronter chez eux.

Mais nous devons aussi voir cela comme une opportunité. Le Lesotho est une petite nation footballistique, et chaque match à ce niveau est une occasion de progresser, de s'aguerrir. Nous avons montré de belles choses lors des précédentes rencontres de qualification. Nous savons que ce ne sera pas facile, mais nous donnerons tout. Nos joueurs doivent avoir une confiance maximale en leurs capacités et éviter de faire preuve d'un excès de respect envers leurs adversaires.

Le Rwanda est actuellement leader du groupe. Il a prouvé sa valeur en s'imposant contre l'Afrique du Sud et le Nigeria. Ce sera une autre opposition très compliquée, mais nous avons déjà montré par le passé, face à des nations plus huppées, que nous savons rivaliser et obtenir des résultats encourageants. Nous irons là-bas pour jouer crânement notre chance.

Votre connaissance approfondie du football sud-africain constitue-t-elle un atout avant d'affronter les Bafana Bafana ?

Absolument. Nous avons affronté l'Afrique du Sud en janvier dernier, juste avant leur départ pour la CAN en Côte d'Ivoire. Ce fut un match d'entraînement, certes, mais très engagé, car lorsqu'il s'agit de pays voisins, la fierté nationale entre en jeu. Cette rencontre, soldée par un match nul sans but, nous a permis de tirer de précieux enseignements. Nous suivons de près l'évolution des joueurs sud-africains dans leurs clubs respectifs. Mais nous savons aussi qu'il est toujours difficile d'affronter une équipe aussi expérimentée.

Le Lesotho a déjà surpris l'Afrique du Sud par le passé, notamment en CHAN. Est-ce un facteur qui renforce votre confiance ?

C'est vrai. Certains nous sous-estimaient, pensant que nous étions une simple formalité. Nous avons oeuvré pour changer cette perception en instaurant une culture de la combativité et en affinant nos principes tactiques.

Nous savons que nous ne sommes pas une équipe qui domine la possession, mais nous avons appris à être rigoureux tactiquement et à gérer chaque phase de jeu avec intelligence. Un autre aspect crucial est que nous avons dû jouer la majorité de nos matchs "à domicile" en Afrique du Sud ces dernières années, faute de stades aux normes au Lesotho. Cela a forgé nos joueurs, les a habitués à évoluer en terrain neutre, sans le soutien de leur public.

Le seul match où nous avons eu une réelle maîtrise du ballon fut contre la République Centrafricaine en novembre dernier. Nous connaissons nos points forts et nous nous appuyons dessus. Nos adversaires évoluent souvent dans les meilleurs championnats européens, mais cela ne signifie pas que nous devons nous avouer vaincus. Au contraire, c'est une opportunité d'apprendre, de progresser et de renforcer notre collectif.

Comment une nation avec une population réduite et un vivier de joueurs limité parvient-elle à rivaliser avec des équipes plus puissantes ?

Je pense que cela repose sur une synergie entre tous les acteurs du football. Nous avons besoin d'un soutien plus structuré. À mon avis, le gouvernement doit s'impliquer davantage, ce qui n'est pas encore le cas. Le secteur privé doit également jouer un rôle crucial en investissant dans notre football. L'effort ne doit pas uniquement reposer sur la fédération.

Il faut mobiliser toutes les forces capables d'améliorer notre football, afin d'encourager nos joueurs à se surpasser. Malheureusement, ce soutien global manque encore. Nous devons aussi investir dans de meilleures infrastructures. Certains terrains sur lesquels nous jouons ne répondent pas aux standards requis pour rivaliser avec les meilleures nations d'Afrique et du monde. Si nous voulons progresser, cela doit changer.

AllAfrica publie environ 400 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.