Cameroun: Tombe d'Ernest Ouandié profanée à Bafoussam - Un acte de vandalisme choquant

La tombe d'Ernest Ouandié, figure emblématique de l'Union des Populations du Cameroun (UPC), a été profanée à Bafoussam, dans le quartier Plateau. Ce lieu de mémoire, où repose le leader historique, a été vandalisé dans la nuit du 9 au 10 mars, laissant derrière lui un spectacle de désolation. Les carreaux de la tombe ont été brisés, et une partie de la dalle recouvrant la sculpture a été endommagée. Des blocs de parpaings ont été retrouvés sur place, témoins silencieux de cet acte de vandalisme.

Un Constat Macabre

Les habitants du quartier Plateau, où se trouve le cimetière, ont découvert la scène ce matin du 10 mars. Rapidement, la nouvelle s'est répandue, attirant de nombreux curieux et sympathisants de l'UPC. Les témoignages locaux rapportent qu'un homme non identifié a été aperçu rôdant autour du cimetière deux jours avant les faits. Cependant, les motivations derrière cet acte restent floues, et aucune revendication n'a été formulée.

Réactions et Enquête en Cours

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Michel Ecladore Pekoua, responsable local de l'UPC, a exprimé son indignation face à cet acte de profanation. Joint au téléphone, il a confirmé son intention de déposer une plainte auprès de la police judiciaire de Bafoussam pour que la lumière soit faite sur cette affaire. « C'est une attaque contre la mémoire d'un héros national. Nous exigeons que les responsables soient identifiés et traduits en justice », a-t-il déclaré.

Contexte Politique et Historique

Ernest Ouandié, surnommé « camarade Emile » durant son combat pour l'indépendance du Cameroun, a été condamné à mort par le président Ahmadou Ahidjo et fusillé sur la place publique de Bafoussam le 15 janvier 1971. Il a été réhabilité en 1991 par un décret du président Paul Biya, reconnaissant ainsi son rôle dans la lutte pour l'indépendance du pays. Cette profanation intervient dans un contexte tendu, quelques jours après des propos controversés tenus par Elimbi Lobe, un homme politique bien connu, qui avait qualifié Ouandié de « bandit » lors d'une émission télévisée.

Un Acte Qui Suscite l'Indignation

La profanation de la tombe d'Ernest Ouandié a provoqué une vague d'indignation sur les réseaux sociaux et dans les milieux politiques. De nombreux Camerounais y voient une atteinte à leur histoire et à leur mémoire collective. Les appels à une enquête approfondie se multiplient, tandis que certains dénoncent un climat de division politique grandissant.

En conclusion, cet acte de vandalisme soulève des questions sur la préservation de la mémoire historique au Cameroun. Alors que les autorités locales et les représentants de l'UPC s'engagent à faire toute la lumière sur cette affaire, la population espère que justice sera rendue pour honorer la mémoire d'un homme qui a marqué l'histoire du pays.

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