Cote d'Ivoire: Présidentielle ivoirienne - La CAP met le cap sur le palais de Cocody

Nouvelle constellation dans la galaxie politique ivoirienne. De quelle puissance illuminera-t-elle les bords de la lagune Ebrié ? Les prochaines semaines, voire les mois à venir, nous situeront davantage.

Annoncée le week-end, la Coalition pour l'alternance pacifique (CAP) a été portée sur les fonts baptismaux hier lundi 10 mars 2025 à Abidjan, au siège du PDCI-RDA.

A quelque huit mois de la présidentielle, prévue le 25 octobre prochain, la CAP vient de mettre le cap sur le palais de Cocody. En ordre de bataille : une quinzaine de partis politiques, dont le PDCI-RDA de Cheick Tidjane Thiam, le FPI de Pascal Affi N'Guessan, Mouvement génération capable (MGC) de l'ex-première dame, Simone Ehivet-Gbagbo et le COJEP de Charles Blé Goudé.

Une plate-forme de l'opposition, dont l'ambition affichée de mettre fin à quinze années d'hégémonie politique du RHDP. Pour cela, elle entend obtenir des garanties de transparence et d'équité du scrutin qui passent, selon ses leaders, par une révision de la liste électorale avant la présidentielle, la publication des résultats bureau de vote par bureau de vote et l'audit du fichier électoral.

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Quel accueil le gouvernement réservera-t-il à de ces exigences qui pourraient être causes de perturbations du climat politique si elles ne sont l'objet de débats consensuels ?

En attendant de le savoir, il faut dire que si le but de la CAP, c'est de fédérer toute l'opposition, alors c'est déjà chose ratée.

En effet, la nouvelle constellation brille particulièrement par l'absence du PPA/CI de Laurent Gbagbo dont le poids politique n'est plus ce qu'il était mais reste non négligeable.

On se souvient que ce dernier avait appelé à la formation d'une pareille alliance avec comme chef... « l'enfant terrible de Mama ». A-t-il péché par orgueil ?

Sauf revirement ultérieur, on doute fort que toute l'opposition parvienne à faire chorus contre le président sortant, Alassane Dramane Ouattara, même si celui-ci n'a pas encore officiellement déclaré sa candidature, que l'on sait pourtant évidente.

Tout semble indiquer que pour Gbagbo et ses partisans, il ne saurait y avoir de coalition que si elle est cornaquée par la PPA/CI ni de candidature unique que si elle est portée par l'ancien pensionnaire de la prison de Scheveningen.

Mais le hic est que jusque-là, sa participation au scrutin est incertaine en raison de sa condamnation à vingt ans dans l'affaire du casse de la BCEAO. Pour cela, son nom a été blacklisté du fichier électoral et il ne saurait être ni éligible ni électeur.

Alors, les grandes manoeuvres pour la mère des batailles politiques sont déjà engagées et on attend de voir si dès le premier tour la CAP parviendra à présenter un porte-étendard unique ou non.

Si oui, il faut craindre que le choix de ce dernier n'en vienne à fragiliser l'unité de la coalition. Une quadrature du cercle, s'il en est donc.

Mais la grande appréhension concerne surtout l'atmosphère sociopolitique d'ensemble dont la sérénité pourrait se dégrader au fur et à mesure que se rapproche l'échéance d'octobre. Tant le processus électoral est plombé par un climat de suspicion, de méfiance et de défiance.

Il faut dire que depuis la présidentielle de 2010 qui s'est achevée au son de la canonnière, la Côte d'Ivoire n'est jamais parvenue à réussir des élections pacifiques. En raison du choc permanent des ego entre Alassane Dramane Ouattara, Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo, les trois mastodontes qui régnaient sur la faune politique ivoirienne. Le « Sphinx de Daoukro » décédé, l'inimitié entre les deux autres continue de déteindre sur la vie nationale.

L'un convaincu d'avoir été dépossédé de sa victoire en 2010 par la force puis arbitrairement transféré à la CPI, d'où il revenu une dizaine d'années plus tard, lavé de toute accusation et l'autre et ses partisans qui redoutent les velléités de vengeance du revenant de La Haye au cas où il renouerait avec le palais de Cocody.

Espérons que le pouvoir actuel saura créer les conditions d'un scrutin libre, transparent et inclusif afin de congédier les démons de la violence électorale dont le pays porte toujours les stigmates.

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