Sud-Soudan: Le pays «au bord d'une nouvelle guerre à grande échelle» selon l'International Crisis Group

« Le Soudan du Sud au bord d'une nouvelle guerre à grande échelle », alerte l'International Crisis Group (ICG), qui s'inquiète de la nouvelle flambée de violences dans le pays. Le 4 mars 2025, une milice Nuer liée au premier vice-président, Riek Machar, s'est emparée de la base militaire de Nasir, ville à la frontière avec l'Éthiopie.

La situation précaire menace selon le rapport « le fragile gouvernement d'unité formé dans le cadre d'un accord de paix de 2018 qui a mis fin à cinq ans de guerre civile dans le pays ». Pour ICG, ces événements seraient les effets directs du conflit au Soudan voisin.

Selon le rapport de l'ICG, « la tension est à son comble dans la capitale, Juba ». Depuis quelques semaines, le Soudan du Sud est le théâtre de recompositions politiques au sein du gouvernement d'union nationale, qui risque de faire voler en éclat l'accord de paix de 2018.

« Les revenus liés au pétrole se sont effondrés »

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La faute à la guerre au Soudan et plus particulièrement à la coupure de l'oléoduc servant à exporter le pétrole sud-soudanais vers Port-Soudan, selon Daniel Akech, analyste au sein de l'ICG. « La donne a récemment changé car, depuis un an, les revenus liés au pétrole se sont effondrés en raison de la guerre au Soudan. Il est donc devenu difficile pour le gouvernement de se verser les salaires. C'est ce qui marque le début du problème. »

Coupé de sa principale source de fonds qui servaient son réseau clientéliste, et donc la stabilité de son gouvernement, Salva Kiir s'est récemment rapproché du général Hemidti, chef des FSR, s'éloignant ainsi du général al-Burhan, à la tête de l'armée soudanaise. Cette dernière, elle, aurait réactivé d'anciennes connexions avec des milices Nuer affiliées à Riek Machar, dans le Haut-Nil.

Prise d'une base militaire

Un cocktail qui a donné lieu, le 4 mars dernier, à la prise d'une base militaire dans la ville de Nasir par la White Army, alliée de Riek Machar, dont beaucoup de sympathisants ont été arrêtés par la suite. Si le vice-président est resté calme pour le moment, Daniel Akech prévient que des milices qui lui sont fidèles se tiennent non loin de la capitale sud-soudanaise.

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