Le continent africain est en mouvement, le 11 mars, un symposium autour de l’œuvre « L'Afrique et le reste du monde " de Kako Nubukpo a réuni intellectuels et experts pour un dialogue intergénérationnel. Organisé par la Fondation de l'innovation pour la démocratie, cet instant d’échange, ouvert et virtuel, a exploré plusieurs thématiques économiques et politiques de l'Afrique contemporaine, ainsi que ses relations avec le reste du monde.
Cinq intervenants majeurs étaient présents à cet événement, notamment la modératrice Arlande Aroukoun, responsable des Programmes Labo Nord & Portes de l'Europe à la Fondation de l'innovation pour la démocratie, Mme. Pré Marie Boka, Maîtresse de Conférences à l'Université Félix Houphouët-Boigny, le Professeur Ndèye Astou Ndiaye, Maitresse de Conférences à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, et le Docteur Gilles Yabi, analyste politique et fondateur du think tank WATHI, sans omettre M. Kako Nubukpo l’auteur de l’œuvre et ministre de la Prospective et de l'Évaluation des politiques publiques du Togo sous la présidence de Faure Gnassingbé.
Bien au-delà d’un symposium, l'œuvre de Kako Nubukpo a engendré un couloir d’échange et de moments forts de réflexions sur l'avenir de l'Afrique.
Arborant divers sujets qui naviguent autour du continent, tels que le foncier, la question migratoire, la gouvernance et la jeunesse.
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Pour résumer son œuvre, l’auteur de l’Afrique et le reste du Monde précise que la véritable question est celle de savoir si le continent a les moyens d’assumer sa volonté d’être non-aligné. Il poursuit en disant que « c’est l’intérêt de l’ouvrage qui va du constat selon lequel le continent fait l’objet d’une double injection externe, et interne ».
L’ex-ministre clarifie que « l’injonction externe, c'est lorsqu’on demande à l’Afrique de se positionner par rapport aux deux blocs qui sont en train de se reconstituer ».
La seconde injonction, qui est interne, est celle de la jeunesse africaine. Selon l’auteur, « la jeunesse africaine exprime une demande massive » concernant la santé, l'emploi, la participation à la vie des nations, l'éducation et la formation.
À l’en croire, il semble que les dirigeants africains soient pris en étau par cette double injonction. Pour lui, c'est le Kairos de l'Afrique, un moment crucial pour les dirigeants afin de construire un chemin de prospérité partagée.
Il aborde d’ailleurs une transition démographique du continent qui double tous les 25 ans. Les inégalités, dit-il, sont telles que l’Afrique en est à un degré inter-pays aussi élevé qu’en Asie, en tenant compte du fait qu’il y a aussi les inégalités intra-pays, comme en Amérique latine.
Le réchauffement climatique, avec l’avancée de l’océan Atlantique à Lomé ou encore au Burkina Faso, est un phénomène à régler, sans oublier les transitions à opérer. « Au moment où le reste du monde adopte des mesures protectionnistes, il est impératif de revoir le projet de société africain en matière de politique publique », assure M. Nubukpo.
Sur la base de ce qui a été avancé, Mme Pré Marie Boka met en lumière la transition relative aux inégalités intra-pays. Son approche, beaucoup plus axée sur le foncier, relève les difficultés dans ce domaine en Afrique, et plus particulièrement en Côte d’Ivoire.
Par conséquent, elle affirme que la question du foncier peut se présenter comme une bombe à retardement. Elle estime que cette problématique a déjà été au cœur de la rébellion, un sujet brûlant en terre ivoirienne fondamentalement lié à la question migratoire.
Pour le Professeur Ndèye Astou Ndiaye, le collectif parle aux Africains plus que l’individuel. Elle a tenu à éveiller les consciences dans l’optique selon laquelle « l’Afrique est dans une inégalité communautaire, ethnique… », prenant pour exemple la RDC et le Soudan.
Au-delà de ce qui a été abordé par l’auteur, Mme Ndiaye l’interpelle sur la place de la femme qui, après sa lecture, ne voit pas cette dynamique mise en lumière. Il faut dire que pour la maîtresse de conférences, la femme a une place prépondérante dans les décisions stratégiques de développement communautaire, régionale et même continentale.
Pour le fondateur du think tank WATHI et la modératrice de cette discussion, « il est temps de mettre en place des réformes qui dynamisent le continent ». Selon eux, ces réformes passent par les organisations, mais aussi par les cadres régionaux.
Au terme de cet échange de haut niveau, le professeur, homme politique et auteur M. Kako Nubukpo a souligné l’importance d’un changement des jeunes et des femmes qui sont en majorité démographique et minorité sociétale dans les prises de décisions. Soulignant qu’« il y a des endroits sur le continent où les femmes sont économiquement puissantes et les jeunes sont la force de l’Afrique ».