Le ramadan se poursuit en Afrique pour des millions de croyants. À Madagascar aussi. L'île est très majoritairement chrétienne (à plus de 50 %) mais le nombre de musulmans progresse. Les fidèles se réunissent pour prier et rompre le jeûne, chaque soir.
Depuis le balcon de la mosquée, la nuit tombe sur les toits du quartier d'Antohomadinika. À l'intérieur de la salle de prière ultra moderne réservée aux femmes et aux enfants, on se salue et on prie en arabe. Comme le Coran, les textes sont affichés et traduits sur grand écran en malgache.
Pour Fatema, 25 ans, cela permet de rapprocher les fidèles de Dieu, mais aussi des musulmans du reste du monde : « L'islam, c'est pour tout le monde, ce n'est pas seulement pour les pays du Moyen-Orient. Ici à Madagascar, par exemple, on s'identifie aux musulmans de Tunisie ou d'Arabie saoudite. On fait le même ramadan parce que la prière, qui est essentielle, on la fait en arabe. Et tous les musulmans du monde entier prient en arabe. Il y a seulement les incantations qu'on peut faire en malgache. » Au travail et dans la rue, des croyantes se couvrent d'un voile spécialement et uniquement le temps de ce mois sacré.
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À table, la rupture du jeûne garde bien une touche nationale. Mis à part quelques dattes, le menu reste entièrement malgache : du hen'omby ritra, une préparation de zébu confit, du romazava, autre plat typique de l'île à base de brèdes, et du riz bien sûr.
Mais la spécificité de l'islam sur l'île est encore ailleurs pour Cheick Hanif Akbaraly, fondateur de ce centre social Rassoul Hakram qui abrite la mosquée, un orphelinat et un centre de formation professionnelle : « Le peuple malgache a vraiment cette culture de ce qu'on appelle le "fihavanana" - en malgache, cela signifie vivre ensemble, s'entraider, être fraternel -- et ce, malgré la pauvreté. Chacun pratique sa religion en toute liberté. Et Dieu merci, ici à Madagascar, on le sent. »
Un vivre ensemble devenu plus concret encore, depuis 2019. Cette année-là, les jours de début et de fin du ramadan ont été déclarés chômés et payés à travers toute l'île par le président Andry Rajoelina.