Au Mali Youssouf Toloba, chef militaire de Dan Na Ambassagou, milice du centre du Mali, s'exprime dans un audio authentifié. Dans le document dont la traduction en français a été obtenue dimanche, il expose les nouveaux rapports entre son groupe et l'armée régulière, la situation sécuritaire sur le terrain et son refus de signer des accords locaux avec les jihadistes qui contrôlent plusieurs locaités du centre du Mali.
Il y a « Zéro sécurité dans le centre du Mali » : Youssouf Toloba, figure incontournable de la milice armée Dan Na Ambassagou (« les chasseurs qui se confient à Dieu » en langue dogon) qui prétend défendre les chasseurs traditionnels Dozos, le répète à deux reprises dans l'audio qui circule. Les jihadistes contrôlent toujours des localités du centre du Mali, et imposent leurs lois aux autochtones de ces contrées.
Pour l'heure, déplore t-il, les centaines d'hommes armés qu'il dirige dans la région centre du pays sont pris entre le marteau et l'enclume, entre d'un côté les troupes régulières qui veulent les désarmer et de l'autre, les jihadistes qui posent des mines sur leur chemin.
L'homme, à la fois craint et décrié, alerte : « Chaque jour, nous assistons à l'évacuation forcée de villages entiers sous la contrainte des jihadistes... » Ces derniers imposent des lois aux autochtones qui, résignés, les acceptent afin de pouvoir vivre dans leurs villages.
Youssouf Toloba est contre la signature d'accord avec les jihadistes et demande « des armes pour les combattre », avant de conclure : l'armée malienne ne doit pas faire nous des adversaires, mais des alliés contre le terrorisme.
Ce n'est pas la première fois que Yossouf Toloba interpelle les autorités de Bamako. En décembre 2020 déjà, dans une vidéo, il demandait aux autorités de transition d'alors de renforcer la présence de l'armée dans le pays dogon.