Les premières pluies intenses sont tombées d'abord dans le Nord, à la fin du mois de février, puis elles se sont étendues en mars à l'ensemble du royaume. Le pays vient d'enregistrer plusieurs jours de précipitations, ce qui n'était pas arrivé depuis des mois. Au Maroc, où le manque d'eau est dans tous les esprits, la population espère un effet positif sur l'agriculture et les prix, alors que le pays vient d'entrer dans sa septième année consécutive de sécheresse, un record.
Bras ballants, un menu accroché à une main, cet après-midi, Saïd, le serveur, n'a pas grand-chose à faire. « Aujourd'hui, zéro client, c'est à cause de la pluie. »
Les terrasses des restaurants sont bien les seules à faire grise mine. C'est tout le Maroc qui célèbre actuellement le retour de la pluie. Partout dans le pays, ce sont les mêmes scènes : des rivières devenues torrents et des centres-villes inondés où les passants pataugent.
« Ça fait longtemps qu'on n'a pas vu le ciel comme ça. Quand la pluie tombe comme ça on est content. Vraiment, on est content ! Ça change beaucoup de choses. Pour les gens qui travaillent sur les terres, ceux qui ont des animaux, ils ont besoin de ces pluies, voilà ! », poursuit Saïd.
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Abdelaziz, 65 ans, rentre chez lui avec un sac de petits pois. Comme beaucoup de Marocains, il a perdu en pouvoir d'achat à cause de la sécheresse. « Là, j'ai un demi-kilo. Ça coûte 2 euros, c'est beaucoup pour des petits pois ! Dans une vingtaine de jours, tous les prix vont baisser Inch Allah. Les barrages étaient vides, les puits étaient asséchés. Avec cette pluie, tout s'est rempli ! », dit-il
Les intempéries ont aussi charrié leur lot de drames. Deux enfants sont morts noyés, après avoir été emportés par les eaux.
« Il faudra des épisodes pluvieux plus réguliers pour inverser la tendance sur la sécheresse »
Les pluies tombées ces dernières semaines sur le Maroc ont permis de reconstituer une partie des réserves en eau du pays. 5 barrages ont même atteint 100% de leur capacité. Au niveau national, les 154 grands barrages marocains affichent un taux de remplissage en hausse. À 35%, ce chiffre reste faible et la situation toujours préoccupante. Ces précipitations exceptionnelles n'ont pas mis un terme à la sécheresse qui sévit depuis bientôt 7 ans, selon le responsable de la communication à la direction générale de la Météorologie, Houcine Youaabed.
« Les récentes précipitations au Maroc sont importantes, surtout pour atténuer la sécheresse. Donc, ces pluies vont contribuer sans aucun doute à la recherche des nappes phréatiques, surtout avec la fonte des neiges sur l'Atlas et sur le Rif, qui vont alimenter les réserves en eau à moyen terme. Et aussi, il faut savoir que ces pluies sont importantes pour le remplissage partiel des barrages. Après plusieurs mois de déficit hydrique, les niveaux des barrages quand même restent bas. Donc, il faudra encore attendre d'autres épisodes pluvieux plus réguliers, pour inverser un petit peu la tendance de la sécheresse. Espérons qu'on aura des précipitations. Les tendances sont quand même favorables. Toutefois, il faut être vigilant en raison des averses fortes qui sont prévues sur certaines régions du Nord. Donc, il est important de suivre les bulletins d'alerte météorologique. »
