Congo-Kinshasa: Occupation de l'Est du pays - Des pourparlers s'ouvrent ce mardi entre Kinshasa et le M23/AFC

Sauf changement, c'est en principe ce 18 mars que s'ouvrent à Luanda, capitale angolaise, les discussions directes entre le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et le mouvement rebelle M23/AFC.

Les deux parties sont censées répondre à l'invitation du président angolais, Joaô Lourenço, médiateur attitré dans la résolution de la crise sécuritaire et humanitaire qui secoue l'Est de la RDC. L'objectif de la rencontre est d'aboutir à une cessation totale des hostilités et de poser les bases d'une solution durable au conflit.

Alors que jusqu'à un passé récent, le gouvernement congolais refusait de négocier avec le M23 qu'il qualifiait de groupe terroriste, privilégiant des discussions directes avec le Rwanda, il a fini par faire contre mauvaise fortune bon coeur. À la veille des discussions, on n'en sait pas trop sur la composition de la délégation du gouvernement congolais ni sur son cahier de charges.

Néanmoins, le nom de Jean-Pierre Bemba est cité, dans les milieux, comme probable chef de la délégation, avec à ses côtés, les juristes André Mbata et Evariste Boshab. Toutes les trois personnes sont appelées à défendre la position du gouvernement congolais cristallisée autour du respect de la résolution 2773 du Conseil de sécurité de février dernier.

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Cette résolution, on le rappelle, décide du retrait du M23 de Goma, de Bukavu et de toutes les zones contrôlées, et du démantèlement dans leur intégralité des administrations parallèles illégitimes mises en place sur le territoire de la RDC. Elle demande, par ailleurs, à la force de défense rwandaise de cesser de soutenir le M23 et de se retirer immédiatement du territoire de la RDC, sans conditions préalables.

Du côté du M23/AFC, c'est un peu l'expectative. Bertrand Bisimwa, chef de la branche politique du mouvement, serait en attente de garanties sécuritaires avant de répondre formellement. Les revendications politiques de son mouvement sont connues dans leurs grandes lignes : mixage, brassage, actualisation des accords de 2013, autonomie des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Des revendications auxquelles la RDC est loin d'acquiesser en raison particulièrement de leur caractère clivant.

Qu'à cela ne tienne. Les regards sont désormais tournés vers Luanda, nonobstant les inquiétudes que renvoient ces pourparlers en termes de format et de contenu. Un moment décisif est donc en train de se dessiner dans la quête d'une solution durable au conflit armé qui déchire l'Est de la RDC depuis des lustres.

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