Au Mali, une frappe aérienne de l'armée malienne a fait au moins une dizaine de morts, dimanche 16 mars, à Ejdeïr, près de Lerneb, région de Tombouctou, non loin de la frontière avec la Mauritanie.
Selon les sources locales jointes par RFI, au moins une dizaine de personnes ont été tuées et plusieurs ont été blessées, dont des femmes. Certaines sources indiquent un bilan plus élevé, d'une vingtaine de personnes tuées. Selon ces sources, il s'agissait de commerçants ou d'éleveurs civils.
La frappe aérienne a eu lieu aux alentours de 15h30 et a détruit trois véhicules qui stationnaient sous un arbre et tué les personnes qui se trouvaient à proximité.
RFI a joint de nombreuses sources locales : notabilités de la zone non affiliées aux groupes armés, des rebelles indépendantistes du Front de libération de l'Azawad ou encore le Collectif pour la défense des droits du peuple de l'Azawad, qui recense les atteintes aux droits humains dans le nord du Mali. Selon toutes ces sources, les victimes sont essentiellement des commerçants et des éleveurs qui s'apprêtaient à repartir d'Ejdeïr où ils s'étaient rendus pour la foire hebdomadaire.
Plusieurs sources humanitaires indiquent que des blessés - certains gravement touchés - ont été accueillis de l'autre côté de la frontière, en Mauritanie, pour y recevoir des soins.
« Difficile de savoir qui est qui. Les bandits armés se mêlent aux populations », fait toutefois remarquer un habitant de la zone, où le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim), lié à al-Qaïda, est notoirement actif. Les jihadistes fréquentent, eux aussi, les marchés où ils viennent se ravitailler. L'armée malienne ne l'ignore pas et cible d'ailleurs régulièrement les foires, ce qui n'est évidemment pas sans risque pour les simples villageois et pour les marchands.
L'armée malienne n'a pas communiqué sur cette opération et n'a pas donné suite aux sollicitations de RFI. En novembre dernier, lors d'une opération militaire terrestre, les soldats maliens et leurs partenaires russes du groupe Wagner avaient déjà exécuté sept civils, à Lerneb, dont les corps avaient été retrouvés décapités ou mutilés.
Dans son dernier communiqué, daté du 15 mars, l'armée malienne affirme, en revanche, avoir « neutralisé » par voie aérienne « un grand nombre de combattants » rassemblés « dans une base terroriste » près de Gueledje, dans la région de Ségou, le vendredi 14 mars.