Afrique Centrale: Une médiation difficile

Le mouvement rebelle, M23, opposé au gouvernement congolais depuis plusieurs mois, a annulé sa participation aux pourparlers de Luanda qui devaient s'ouvrir hier, mardi 18 mars 2025.

Les sanctions prises, la veille, par l'Union européenne (UE), à l'encontre de certains chefs militaires rwandais et cadres du groupe armé ont motivé cette décision. En effet, il est désormais interdit aux personnes ciblées, dont le commandant des forces spéciales rwandaises déployées en République démocratique du Congo (RDC), Ruki Karusisi et le chef de l'aile politique du M23, Bertrand Bisimwa, de voyager dans l'espace Schengen.

Aussi, les avoirs en Europe des individus concernés ont-ils été gelés. Ces mesures visent à affaiblir le M23 qui sévit dans l'Est de la RDC depuis 2012 et son soutien, le Rwanda de Paul Kagamé. Malgré l'existence de preuves onusiennes formelles, ce pays voisin à la RDC s'est toujours défendu de soutenir le M23.

Cette position ne convainc pas une bonne partie des Occidentaux qui, ayant échoué à obtenir le retrait du Rwanda du conflit, se sont résolus à le bombarder de sanctions, dans l'espoir de le faire plier. Vont-ils réussir à obtenir gain de cause ? La question a tout son sens, dans la mesure où le M23 et le Rwanda restent manifestement stoïques.

Avant les mesures d'interdiction de voyager et de gel des avoirs, l'UE a suspendu ses consultations en matière de défense avec le Rwanda. Les Etats-Unis, le Royaume Uni et le Canada ont prononcé des sanctions contre le Rwanda. Le Conseil de sécurité de l'ONU a également adopté, le 21 février dernier, une résolution pour condamner le pays pour son appui au groupe rebelle. Malgré ces sanctions, le M23 et son parrain attitré ne reculent pas.

Le mouvement armé a gagné du terrain, ces derniers mois, occupant des localités entières dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu. Aussi, le M23 n'a-t-il pas affiché clairement son intention de marcher sur Kinshasa, ce qui équivaudrait à destituer le régime de Felix Tshisekedi. Dans ce contexte, la médiation de l'Angola offrait une lueur d'espoir dans un conflit qui s'éternise, mais encore faut-il qu'elle tienne après les derniers développements de l'actualité. Cette initiative semblait pourtant prometteuse, en dépit des réalités du terrain.

On était en droit de croire à cette nième médiation jusqu'à ce qu'elle ne produise pas l'effet escompté. Il a tout l'air, que le Président angolais, João Lourenço a réussi à convaincre l'exécutif congolais de parler directement au M23. Cette option n'était pas envisageable selon le Président Tshisekedi, pour qui le M23 est une organisation terroriste à combattre coûte que coûte par les armes. Malgré sa position l'armée congolaise éprouve visiblement des difficultés à prendre le dessus sur l'ennemi.

Aller à la table des négociations parait alors plus sage, l'ultime objectif étant de faire taire les armes définitivement et de ramener la paix en RDC. Le tout militaire n'étant pas visiblement à l'avantage du gouvernement congolais, les pourparlers de Luanda semblent être la voix indiquée. Malheureusement, la chance d'aller de l'avant dans ces négociations s'amenuise avec l'annulation de la participation du M23...

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