Mauritanie: Présidence de la BAD - Dans le sprint final, le Mauritanien Sidi Ould Tah gagne du terrain dans la course aux soutiens

La campagne pour la présidence de la Banque africaine de développement (Bad) s'intensifie, et Sidi Ould Tah, l'actuel président de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badea), multiplie les manoeuvres diplomatiques pour renforcer sa position.

« Après avoir obtenu l'appui discret mais stratégique du président ivoirien Alassane Ouattara, il est désormais en passe de rallier le Congo-Brazzaville, le Nigeria, la Tunisie et même l'Italie à sa cause. Un alignement stratégique qui pourrait rebattre les cartes à quelques semaines du scrutin », renseigne un communiqué de presse.

Selon la même source, le chef de l'État congolais, Denis Sassou Nguesso, a récemment reçu à Oyo Sid'Ahmed Ould Bouh, ministre mauritanien de l'Économie et des Finances, accompagné de Sidi Ould Tah lui-même. L'émissaire du président mauritanien Mohamed Ould El Ghazouani est venu officialiser la demande d'appui à la candidature de son compatriote.

«Dans cette offensive, le Président Mohamed Ould El Ghazouani s'appuie sur la crédibilité qu'il a patiemment bâtie depuis son accession au pouvoir et son passage à la présidence de l'Union africaine. Depuis plusieurs mois, il enchaîne les échanges directs avec ses homologues africains, tout en consolidant les alliances traditionnelles de la Mauritanie. Un travail de fond qui renforce la candidature de Sidi Ould Tah, lequel profite d'un réseau diplomatique structuré et d'un positionnement rassurant auprès de plusieurs chefs d'État du continent, selon un observateur averti », lit-on dans le document.

Selon le document, redoutablement efficace, Sid'Ahmed Ould Bouh joue un rôle central dans le déploiement de la stratégie mauritanienne. Fin connaisseur des cercles financiers africains et internationaux, il mène lui-même les négociations sans éclats médiatiques, privilégiant des discussions feutrées avec les décideurs clés. Une méthode qui porte ses fruits, comme en témoignent ses déplacements en Tunisie et en Italie, où il a rencontré le président Kaïs Saïed à Tunis, ainsi que Fabrizio Saggio, conseiller diplomatique de Giorgia Meloni à Rome.

Alors que les élections se tiendront le 29 mai à Abidjan, la liste des candidats est désormais claire. En plus de Sidi Ould Tah, la compétition met en lice le Zambien Samuel Munzele Maimbo, soutenu par la Communauté de développement d'Afrique australe (Sadc), le Sénégalais Amadou Hott, ex-ministre des Finances et favori d'une partie de la Cedeao, et le Tchadien Mahamat Abbas Tolli, appuyé par la Cemac.

Mais la dynamique semble tourner en faveur du Mauritanien, en ce sens que Frannie Leautier, ancienne vice-présidente de la Bad et de la Banque mondiale a annoncé son soutien à Sidi Ould Tah, fragilisant ainsi l'unité attendue de la Sadc derrière Maimbo.

« Sidi Ould Tah possède toutes les qualités requises pour diriger la Bad. Son expérience au sein des banques multilatérales de développement, son leadership prouvé et sa vision pour l'Afrique font de lui le candidat idéal », a déclaré l'économiste tanzanienne.

Un ralliement qui met à mal la candidature du Zambien, déjà fragilisée par les dissensions au sein de la Sadc, où l'Afrique du Sud avait semé la discorde en maintenant la candidature de Swazi Tshabalala, ancienne première vice-présidente de la Bad.

Le soutien de la Côte d'Ivoire, pays hôte de la Bad, change la donne. Alassane Ouattara, influent sur les questions économiques africaines, s'est discrètement positionné en faveur du Mauritanien. Un choix stratégique qui pourrait faire basculer l'Uemoa, où la Côte d'Ivoire joue un rôle moteur.

« L'un des enjeux majeurs reste le positionnement des actionnaires non africains, qui pèsent 40 % des voix. Les États-Unis, deuxième actionnaire après le Nigeria avec 6,5 % des votes, n'ont pas encore affiché de préférence, mais leur soutien pourrait faire basculer l'élection », détaille le document.

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