TLDR
- Parmi les sept grandes économies, c'est le Nigeria qui a connu la plus forte baisse des transactions en espèces au cours de la dernière décennie.
- Selon un rapport de Worldpay, l'utilisation de l'argent liquide a chuté de 59 % entre 2014 et 2024.
- La politique de refonte du naira de la Banque centrale du Nigeria pour 2023, destinée à réduire la thésaurisation de l'argent liquide et le blanchiment d'argent, a accéléré la transition...
Le Nigeria a connu la plus forte baisse des transactions en espèces parmi sept grandes économies au cours de la dernière décennie, l'utilisation de l'argent liquide ayant chuté de 59 % entre 2014 et 2024, selon un rapport de Worldpay. Cette baisse dépasse celle des Philippines (43 %), de l'Indonésie (44 %), du Mexique (41 %), du Japon (31 %), de l'Allemagne (24 %) et de la Colombie (22 %).
Cette évolution intervient alors que les paiements numériques au Nigéria atteignent des niveaux record, sous l'impulsion de partenariats fintech-banques en plein essor. Le rapport, qui a examiné 40 marchés couvrant 88 % du PIB mondial, prévoit que l'utilisation de l'argent liquide au Nigéria diminuera encore pour atteindre 32 % d'ici 2030, car les paiements électroniques continuent de se développer.
La politique de refonte du naira de 2023 de la Banque centrale du Nigéria, destinée à réduire la thésaurisation de l'argent liquide et le blanchiment d'argent, a accéléré la transition, entraînant une baisse de 29,2 % de la circulation de la monnaie à ₦982,1 milliards (1,63 milliard de dollars) au début de 2023. Des entreprises fintech comme OPay et PalmPay ont capitalisé sur ce changement, prenant le relais des banques traditionnelles qui peinaient à gérer l'augmentation des transactions en ligne.
Points clés à retenir
La transformation numérique rapide du Nigéria souligne son émergence en tant que leader de la fintech en Afrique. Le volume des transactions électroniques a bondi de 1 514 % entre 2018 et 2024, atteignant 11,3 milliards, selon le Système de règlement interbancaire du Nigéria (NIBSS). L'inclusion financière s'est également améliorée, passant de 56 % en 2020 à 64 % en 2023, avec une projection de la banque centrale de 80 % d'ici 2026. Le pays, qui dépend de moins en moins de l'argent liquide, est en train d'établir un modèle pour la finance numérique à travers le continent.
La combinaison de l'expansion des fintechs, des politiques de la banque centrale et de la pénétration croissante des smartphones remodèle le paysage des paiements au Nigéria. Toutefois, des défis subsistent, notamment des lacunes en matière d'infrastructure et des incertitudes réglementaires. Si la dynamique se poursuit, le Nigéria pourrait redéfinir le fonctionnement des transactions financières en Afrique, en comblant le fossé entre les économies basées sur l'argent liquide et les économies entièrement numériques.