Congo-Brazzaville: Violences faites aux femmes - Renforcer la synergie entre toutes les parties prenantes

La discrimination à l'égard des femmes et des filles demeure l'une des violations des droits humains et des libertés fondamentales les plus répandues à l'échelle mondiale, compromettant ainsi la réalisation d'un développement holistique et durable.

Dans un contexte où la problématique de la discrimination à l'égard des femmes reste une préoccupation majeure, l'Union africaine (UA) a pris des initiatives pour lutter contre les violences ayant pour base le genre.

En organisant la première conférence des Hommes de l'UA sur la masculinité positive, un jalon a été franchi dans cette lutte ayant abouti à la Déclaration de Kinshasa et à l'adoption, en février dernier, de la Convention de l'UA sur l'élimination des violences à l'égard des femmes et des filles. Un servant de cadre juridique pour éradiquer ces violences sur le continent.

Les conférences annuelles sur la masculinité positive sont devenues des plateformes incontournables pour joindre les voix africaines. Cette initiative a inspiré la création d'un cercle des chefs d'État champions de l'UA sur la masculinité positive avec pour vocation de la promouvoir comme modèle de comportement pour les hommes. L'objectif est de les encourager à devenir des alliés dans la lutte contre les violences ayant pour base le genre et à soutenir les droits des femmes.

En mettant l'accent sur des normes masculines positives, l'initiative aspire à transformer les mentalités et sensibiliser à la nécessité d'un profond changement culturel.

Le cercle des champions sur la masculinité positive regroupe plus de dix chefs d'État africains dont le président Denis Sassou N'Guesso incarne la dynamique en partenariat avec African women leaders network (AWLN). Le Congo, à travers son engagement, se positionne comme un modèle dans cette lutte tel qu'en témoigne la remise du prix de la masculinité positive à son président, lors de la retraite intergénérationnelle de l'AWLN en septembre 2023.

Cette avancée historique est d'autant plus significative dans un contexte où les violences ayant pour base le genre existent, en dépit des législations contre elles, en témoigne la loi Mouebara au Congo.

Au Bénin, la loi du 9 janvier 2011 portant prévention et répression des violences faites aux femmes, à laquelle s'ajoute la loi du 20 décembre 2021 portant dispositions spéciales de répression des infractions commises en raison du sexe des personnes et de protection de la femme, sont des avancées considérables. Par contre, au Cameroun, la mise en oeuvre du projet de loi sur la violence contre les femmes et d'autres projets similaires en cours dans différents pays reste un défi majeur.

La convention récemment adoptée intègre la masculinité positive comme principe directeur dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, devenant ainsi le premier instrument juridique continental complet visant à prévenir et éliminer toutes les formes de violences.

Le Réseau des femmes leaders africaines (African women leaders network) mérite également d'être souligné pour son rôle dans cette victoire historique. Les efforts d'Ellen Johnson Sirleaf, ancienne présidente du Liberia et marraine du réseau AWLN, ont été essentiels pour renforcer l'engagement des hommes en faveur des droits des femmes.

Le thème de la Journée internationale des droits des femmes de cette année vient rappeler l'importance de la mobilisation autour d'un avenir féministe et de la masculinité positive, en réaffirmant l'engagement de l'État en faveur des droits des femmes.

Au Congo, cette journée a mis l'accent sur l'autonomisation des jeunes filles, essentielle pour générer un changement durable, surtout depuis la proclamation de 2024 comme « Année de la jeunesse ».

Face à la recrudescence des actes de féminicide illustré par des cas tragiques récents, le Congo en tant qu'Etat signataire de presque tous les cadres internationaux de protection des droits des femmes est ainsi appelé à renforcer les dispositions contenues dans la loi Mouebara, au regard de la persistance des discriminations constatées, notamment dans le domaine du droit de la famille, du droit du travail et de la sécurité sociale.

Autant dire qu'il est impératif d'adopter un nouveau regard sur les inégalités entre les femmes et les hommes et d'évaluer l'ampleur des violences faites aux femmes. Cela nécessite également de reconnaître que le manque de ressources et de moyens est un frein majeur à l'avancement des droits des femmes.

Renforcer la synergie entre toutes les parties prenantes pour promouvoir la masculinité positive est crucial. Il est également nécessaire de réinventer la Journée internationale des droits des femmes, en impliquant activement les femmes et les hommes à l'échelle continentale dans un leadership collaboratif. L'objectif pour le 8 mars 2026 doit être de bâtir des sociétés plus justes et équitables.

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