Tunisie: Un changement, des interrogations

22 Mars 2025

Que faut-il attendre de la désignation par le Président Kaïs Saïed de Mme Sarra Zaâfrani, ancienne ministre de l'Equipement et de l'Habitat, au poste de Chef du gouvernement en remplacement de M. Kamel Maddouri ?

Les politologues, les chroniqueurs et les essayistes, de tous bords ont essaimé, hier, sur les radios et les réseaux sociaux pour se poser la question : quelle est l'erreur que le Chef du gouvernement remercié a-t-il commise pour être révoqué de son poste moins d'une quinzaine de jours, soit précisément le 5 mars, après la dernière audience que le Chef de l'Etat lui a accordée au palais de Carthage ?

Ils se posent la question avec insistance et étonnement en laissant penser qu'un changement de Chef de gouvernement est un événement qui cache une crise qu'on veut étouffer à tout prix. Et ces mêmes analystes, tout en reconnaissant qu'ils ne sont pas au fait des raisons pour lesquelles M. Maddouri a été remercié, n'hésitent pas à avancer des hypothèses qu'ils fondent sur des informations complètement fausses.

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Comme l'affirmation selon laquelle le projet de loi sur l'annulation de la sous-traitance et la révision des contrats à durée déterminée ou à durée indéterminée (CDD et CDI) a déjà été publié au Journal officiel de la République tunisienne (Jort). Alors qu'en réalité, le projet en question vient tout juste d'être soumis à la commission parlementaire de la santé, des affaires de la femme et de la famille, des affaires sociales et des porteurs de handicap pour examen, avant d'être adopté par la même commission et de passer devant une séance plénière au Parlement pour être soumis au Président de la République qui dispose du droit constitutionnel de le signer et de le promulguer ou de le renvoyer au palais du Bardo pour une deuxième lecture.

Donc, à suivre les commentaires à profusion auxquels les Tunisiens ont eu droit, hier, on a découvert, encore une fois, l'étendue du fossé informationnel qui distingue nos commentateurs et le manque de professionnalisme qui caractérise aussi ceux qui leur donnent l'opportunité de débiter quotidiennement leurs discours, à des heures d'écoute importantes, sans se soucier de consulter, au moins, les communiqués officiels de la présidence de la République.

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