Pour la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence, dans le sud de la France, l'extradition en Algérie d'Abdeslam Bouchouareb, en charge du portefeuille de l'Industrie et des Mines entre 2014 et 2017, pourrait avoir « des conséquences d'une gravité exceptionnelle » en raison de son âge et de son état de santé. La décision intervient en pleine brouille diplomatique entre Paris et Alger qui dénonce « une absence totale de coopération du gouvernement français ».
Si le gouvernement algérien déclare prendre acte du refus de la justice française d'extrader Abdeslam Bouchouareb, l'ancien ministre de l'Industrie et des Mines d'Abdelaziz Bouteflika, force est de constater qu'il n'apprécie guère cette décision. Dans un communiqué signé du ministère des Affaires étrangères, Alger regrette en effet « l'absence totale de coopération du gouvernement français en matière d'entraide judiciaire en dépit de l'existence de nombreux instruments juridiques » et annonce de possibles « recours à d'autres voies de droit ».
Accusé de corruption dans un dossier d'infractions économiques et financières dans son pays, Abdeslam Bouchouareb, en poste au gouvernement de 2014 à 2017, a déjà été condamné par la justice algérienne à cinq peines d'emprisonnement de 20 ans chacune dans différents autres dossiers.
Un refus qui intervient en pleine brouille diplomatique
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La première demande d'extradition à son encontre déposée par Alger remonte au mois d'octobre 2023. Si, depuis, cinq autres ont suivi, la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence a définitivement clos le débat, mercredi 19 mars, en rejetant la requête algérienne. Motif : l'extradition de l'ancien ministre, qui réside depuis 2019 dans le sud-est de la France, pourrait avoir « des conséquences d'une gravité exceptionnelle en raison de son état de santé et de son âge, 72 ans ».
La décision, qui intervient en pleine brouille diplomatique entre Alger et Paris, ne devrait évidemment pas réchauffer les relations entre les deux capitales, glaciales depuis que la France a apporté son soutien, au mois de juillet dernier, au plan d'autonomie du Maroc pour le Sahara occidental.
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