Facilité africaine pour l'économie circulaire -Soutenir la transformation de l'Afrique en 2025

17 Mars 2025
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African Development Bank (Abidjan)
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Dans les rues animées d'Adjamé, commune du district d'Abidjan, les ressources sont valorisées et réutilisées, permettant à des milliers de mécaniciens et d'artisans autodidactes de gagner leur vie. De l'autre côté de la lagune Ébrié, à Marcory Anoumabo, les habitants démontent les appareils électroniques mis au rebut, créant ainsi une économie circulaire informelle qui fait vivre des centaines de familles.

Le comité de surveillance de la Facilité africaine pour l'économie circulaire (ACEF) s'est rendu récemment dans ces quartiers de la capitale économique de la Côte d'Ivoire pour observer l'économie circulaire en pratique.

Évariste Aohoui, directeur d'Electronic Waste Africa, une entreprise sociale axée sur la gestion écologique et durable des déchets électroniques en Afrique, a conduit la visite. « L'apprentissage par l'expérience définit cette communauté. Les frères et soeurs collaborent pour réparer ou construire des objets à partir de matériaux recyclés. », a-t-il expliqué, avant d'ajouter : « Si les travailleurs n'ont pas les compétences nécessaires pour manipuler les objets mis au rebut, les déchets s'éparpilleront partout. Sans pratiques appropriées et équipement de protection, ce travail est dangereux pour la santé. »

La Côte d'Ivoire génère environ 30 000 tonnes de déchets électroniques chaque année, dont 56 % proviennent de dons d'aide au développement qui arrivent sous forme de déchets. Actuellement, 95 % des déchets électroniques sont gérés illégalement par 8 000 travailleurs informels, ce qui a un impact négatif sur près de cinq millions de personnes qui sont exposées à des risques respiratoires, cardiovasculaires et cancérigènes en raison de la pollution de l'eau, de l'air et des sols.

Ces statistiques soulignent la nécessité d'accélérer la transformation circulaire de l'Afrique. L'objectif de l'ACEF d'autonomiser les jeunes Africains grâce à des opportunités commerciales circulaires s'aligne sur les projections du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), selon lesquelles l'économie circulaire pourrait créer 11 millions d'emplois en Afrique et donner accès au marché mondial de la circularité, évalué à 500 milliards de dollars.

L'ACEF adopte une approche en trois volets pour soutenir les gouvernements, les structures régionales et les entreprises.

Le premier pilier consiste à créer des environnements politiques propices à la circularité. En 2024, l'ACEF a lancé des projets de feuille de route nationale pour l'économie circulaire au Bénin, au Cameroun, en Éthiopie, en Ouganda et au Tchad afin de parvenir à une gestion durable des ressources et de créer des politiques favorables à l'économie circulaire.

Le deuxième pilier vise à développer les entreprises circulaires grâce au programme AfriCircular Innovators, qui soutient des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) à Abidjan, Accra (Ghana) et Kigali (Rwanda) par le biais de mini-dons et de renforcement des capacités. Les partenaires du développement de l'ACEF ont rencontré les dirigeants de trois MPME soutenues par le programme AfriCircular Innovators au cours de leur visite. Cela leur a permis de voir comment leur soutien a aidé concrètement ces MPME.

« Ce programme me permet de développer mon activité et d'améliorer mes capacités de production », a reconnu Jacqueline Djiré, directrice de la Société de Production et de Distribution en Côte d'Ivoire, qui transforme les noix de cajou en jus, en viande végétale et en vinaigre.

Selon Adolphe Monney, propriétaire de Côte d'Ivoire Recyclage, qui collecte et reconditionne des appareils électroniques, « le don d'AfriCircular Innovators permettra d'accroître les capacités de reconditionnement de mon entreprise. »

Justin Kouassi, cofondateur et gérant de l'entreprise BiomassIvoire, prévoit, quant à lui, de quintupler la production mensuelle d'engrais organiques de 1 000 à 5 000 tonnes, transformant ainsi les déchets agricoles en un produit de valeur.

Le troisième pilier de l'ACEF est son soutien à l'Alliance africaine pour l'économie circulaire (ACEA), qui se concentre sur le plaidoyer et l'échange de connaissances. L'an dernier, l'ACEA a présenté des solutions circulaires lors de neuf événements majeurs et a plaidé pour l'harmonisation des normes, en particulier pour les plastiques recyclés.

En 2025, l'ACEF prévoit d'ajouter trois nouveaux pôles AfriCircular Innovators et de soutenir trois gouvernements supplémentaires dans l'élaboration de feuilles de route pour l'économie circulaire, tout en poursuivant son soutien à l'ACEA dans ses activités de croissance et de plaidoyer.

D'ici à 2026, l'ACEF compte mobiliser dix millions d'euros supplémentaires pour financer la croissance et faire progresser la transition de l'Afrique vers l'économie circulaire. Les partenaires du développement et les investisseurs privés peuvent jouer un rôle crucial en investissant dans des initiatives qui créent un changement systémique ancré dans les communautés locales.

Le potentiel est immense : une économie florissante et respectueuse de l'environnement pourrait stimuler de 2 % le PIB de l'Afrique, tout en renforçant la création d'emplois et en assurant un avenir durable au continent.

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