Petits exploitants agricoles - Les ministres africains de l'Agriculture préconisent la digitalisation pour résoudre le problème de risque et de distribution des intrants

21 Mars 2025
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African Development Bank (Abidjan)
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Les ministres de l'Agriculture de plusieurs pays africains ont préconisé, mardi 18 mars 2025 à Nairobi, au Kenya, la digitalisation dans les cinq prochaines années (2025-2030) du secteur agricole pour résoudre le problème de risque et de distribution des intrants au profit des petits exploitants agricoles en Afrique.

Demba Sabally de la Gambie, François Sergio Hajarison de Madagascar et Alexander Nuetah du Liberia s'exprimaient lors de la Conférence de haut niveau sur le financement des petits exploitants agricoles. Organisée les 17 et 18 mars 2025 par la Banque africaine de développement, en collaboration avec l'Organisation panafricaine des agriculteurs (PAFO, acronyme en anglais de Pan African Farmers' Organization), la conférence avait pour thème, « Accroître le financement des petits exploitants agricoles ».

« En Gambie nous mobilisons les petits exploitants en association étroite parce que nous voulons qu'ils aient accès au financement de manière organisée, que les banques aient confiance en eux, a souligné le ministre gambien de l'Agriculture, Demba Sabally. Maintenant, il nous faut renforcer le secteur numérique, renforcer la plateforme numérique et le système d'enregistrement des agriculteurs et leur fournir l'assistance. Nous devons miser sur la digitalisation de l'agriculture pour supprimer les entraves, dont le problème des intermédiaires, dont sont souvent victimes les petits exploitants agricoles ».

M. Sabally a plaidé pour une collaboration renforcée avec les institutions financières pour accompagner son pays dans la réussite de cette politique. « Une fois l'accès au financement rendu plus simple, nous aurons régler une grande partie du travail pour améliorer le rendement de nos exploitations », a-t-il soutenu.

En Gambie, les petits exploitants agricoles, selon le ministre, représentent 70% de la main-d'oeuvre du pays et contribuent à 30% du PIB. « Ils sont les principaux garants de la sécurité alimentaire de notre pays. Ces grands acteurs jouent un rôle important dans l'agenda du développement rural », a soutenu le ministre Sabally.

À Madagascar, le chef de l'État a partagé une vision sur la transformation agricole : celle de développer des exploitations agricoles familiales orientées vers le marché et qui génèrent des revenus conséquents, a souligné le ministre de l'Agriculture, François Sergio Hajarison. « Pour résoudre le problème du financement, nous planifions la digitalisation. Cela peut résoudre le problème de risque et de distribution des intrants », a expliqué M. Hajarison, avant d'ajouter : « Nous avons eu des modèles de digitalisation partagés pendant cette conférence. Mais, disons-le aussi, la digitalisation a besoin de mesures d'accompagnement ».

La population malgache dépend, à 80 %, de l'agriculture, et 90 % sont de petits exploitants agricoles familiaux, a détaillé le ministre.

« L'accès au financement reste un problème majeur au Liberia. Nous essayons d'en avoir, mais nos exploitants agricoles n'ont pas, en majorité, de connaissances financières. Du coup, les institutions financières hésitent à leur fournir des financements », a déploré le ministre libérien de l'Agriculture, Alexander Nuetah. Sur la période 2025-2030, le Liberia ambitionne de renforcer la mécanisation des processus et de mettre en place un centre de mécanisation où les agriculteurs pourront obtenir du matériel avec l'appui du gouvernement. En outre, il est prévu une digitalisation des actions du secteur agricole et le renforcement du partenariat avec les partenaires du développement.

« Il n'est pas possible pour le gouvernement de financer seul le secteur agricole. Le secteur privé doit nous aider à le faire, il doit nous aider à réduire les risques des portefeuilles des petits exploitants agricoles », a plaidé M. Nuetah.

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