BECHAR — La bataille de Djebel Bechar, le 27 mars 1960, marquée par la mort en héros du chef de la wilaya V historique, le colonel Lotfi, et ses compagnons, constitue un événement majeur de l'histoire de la glorieuse Révolution du 1er novembre 1954.
Cette bataille, dont le rapport de forces était largement déséquilibré en moyens humains et matériels, a démontré la valeur, la volonté, le courage et la foi des chouhada tombés au champ d'honneur les armes à la main, en l'occurrence le colonel Lotfi, son adjoint le commandant Ferradj et les djounoud Zaoui Cheikh et Brik Ahmed. Le moudjahid Aissa Benaroussi, qui faisait partie du groupe, est, lui, décédé plusieurs années après l'indépendance, selon des sources historiques.
Les martyrs héros de cette bataille sont Benali Dghine Boudghène, plus connu sous le nom révolutionnaire de Colonel Lotfi, Mohammed Laâouedj, dit Commandant Ferradj, les Djounoud Zaoui Cheikh et Brik Ahmed, et le moudjahid Benaroussi Aissa.
Le colonel Lotfi, âgé alors de 25 ans et qui dirigea cette glorieuse bataille, s'était engagé dans les rangs de l'ALN en octobre 1955 dans la région de Tlemcen, et occupa le poste de secrétaire particulier du Chahid Si Jaber, selon l'historien Mohamed Laihar, enseignant à l'université Tahri Mohamed de Bechar.
Il fut ensuite chargé de diriger la section de Tlemcen et Sebdou, où il mit en place les cellules secrètes du Front de libération nationale (FLN) et adopta à cette époque le surnom révolutionnaire de "Si Brahim", et parvint, grâce à son intelligence et à son sens de l'organisation, à structurer l'activité fidaï (commando) dans la wilaya V historique, dans laquelle le début de l'année 1956 fut marqué par l'intensification de ce type d'opérations contre les objectifs coloniaux français, précise l'historien.
En mai 1958, Lotfi fut promu au grade de colonel et désigné à la tête de cette wilaya historique, période qui fut marquée par un acharnement français, féroce et sauvage, contre le FLN-ALN, surtout après l'arrivée de De Gaulle au pouvoir et l'édification des tristes lignes Challe et Morice aux frontières Est et Ouest du pays, a souligné Dr Laihar.
A la fin des travaux du Conseil national de la révolution algérienne (CNRA), tenus à Tripoli au début de l'année 1960, il choisit de revenir avec un groupe réduit d'éléments de l'ALN, afin de ne pas attirer l'attention de l'ennemi qui avait encerclé la Wilaya V historique.
Cependant, le destin a voulu qu'il tombe au champ d'honneur avec ses compagnons lors de la bataille de Djebel Bechar, qui dura plusieurs heures et au cours de laquelle les forces coloniales eurent recours à l'aviation et l'artillerie lourde, rappelle Dr Laihar.