Estimant que le parti s'était éloigné de son objectif initial, Rajen Moolchand a pris la décision de se retirer de la Plateforme Militante. Secrétaire et membre fondateur de l'instance, il ne souhaitait plus être associé au MSM. Les révélations de Missié Moustass ont d'ailleurs renforcé sa détermination à quitter le parti. Dans sa lettre adressée au leader du mouvement, Steve Obeegadoo, il affirme que cette décision n'a pas été prise à la légère.
«Je ne peux plus faire partie d'un mouvement qui s'est autant éloigné de son objectif initial.» Il rappelle son engagement indéfectible depuis la création du parti. «Je vous ai soutenu dans les moments les plus difficiles, vous apportant mon appui inconditionnel même lorsque tout jouait contre nous. J'ai joué un rôle clé dans votre élection en tant que député en 2019, tout comme en 2010 et en 2014. J'ai toujours été fidèle au parti et à votre leadership, même lorsque je n'étais pas d'accord avec la gestion des affaires, convaincu que notre cause en tant que 'Militants' était juste et que nous oeuvrions pour un avenir meilleur.»
Cependant, les résultats des dernières élections générales ont constitué un tournant, confirmant ses craintes de longue date. «Nos méthodes ont échoué, et nos valeurs ont été compromises au point que nous ne sommes plus qu'une simple extension du MSM. J'ai travaillé sans relâche pour vous soutenir lors de ces élections, mais en vain. Sous votre direction, le parti s'est laissé éclipser par notre allié et a toléré des comportements que je considère comme moralement inacceptables.»
Il affirme avoir exprimé ses inquiétudes à plusieurs reprises lors des réunions du comité, qui ont été ignorées. «L'élément déclencheur a été notre incapacité à nous distancer du MSM. En ne prenant pas cette décision, vous avez envoyé un message clair, non seulement à moi, mais aussi à nos partisans : le parti s'est égaré. Les actions du parti et votre complicité passive rendent mon appartenance à cette formation impossible. Le parti et le leader que je respectais et soutenais autrefois me semblent aujourd'hui méconnaissables.»